2007.02.04
Lumière
J’ai besoin de temps.
J’en peux plus d’avoir mal.
Mal au corps, cœur qui se trouve mal.
Une fois de plus j’aurai essayé
avec la meilleure des volontés.
Une fois de plus, je me serai la gueule cassée.
Une autre aventure,
Un autre échec.
Malgré le bon vouloir,
Je me suis fait avoir,
De tous mes « accroires »,
J’y ai à peine cru.
Je n’en peux plus.
Je n’en veux plus.
Ça sert à rien. Des coups d’épée dans l’eau.
Pour les autres, la vie qui pousse.
Pour moi, la mort que je repousse.
La vie, pour eux, comme une montagne à gravir.
La vie, pour moi, un gouffre sans fond où je sombre à en mourir.
Je m’accroche comme je peux, au meilleur de mes habiletés qui me fuient et m’abandonnent. Pourquoi me battre? Cette guerre, bien sûr, personne ne la gagne. Nous finissons tous au trou. Au nombre de batailles perdues, je me sens déjà vaincu.
L’amour est l’étincelle qui brille dans la noirceur de la nuit. Celle-là même qui fait croire en la lumière nous donnant le courage d’avancer dans les tunnels. Pour moi, Noël n’avait plus rien à voir avec le petit Jésus. Je fêtais à nouveau, certes, mais bien plutôt la lumière perçant les nuits les plus longues de l’année de ses douces lueurs. Cette année, je n’ai pas fait de sapin célébrant la lumière au plus sombre de la nuit noire. La nuit, je la trouve bien longue et je n’y vois plus vraiment d’espoir. Pourquoi se faire croire qu’il y a de la lumière au milieu des nuits de décembre? Laissons donc la réalité prendre toute la place : monter le sapin, ça donne juste le trouble de le défaire un coup les fêtes passées, alors pourquoi s’en préoccuper?
Cette année, je n’ai pas fait de sapin de Noël. Je n’ai pas illuminé mon logis de centaines de petites lumières reflétées par des dizaines de décorations dorées. Cette année, j’ai laissé la réalité du quotidien empêcher la magie de Noël. Cette année, tout ce que je veux, c’est dormir et avoir la paix. Laissez-moi tranquille, fichez-moi la paix. Vous voyez bien que ça marche pas mes affaires! Alors à quoi bon? Les promesses de lumière n’apportent que déception et encore plus de douleur. Je n’en peux plus de gérer ma douleur qui ne me quitte plus malgré les pilules, malgré les soins, malgré le sommeil, lui-même interrompu par la douleur, malgré le temps et les précautions contre les sentiments trop violents. Comment puis-je être encore assez naïf pour croire que la vie peut être autre chose qu’une suite de petites morts?
Bien sûr, il y a quelques moments furtifs de bonheurs passagers. Peu nombreux et grandement distancés, à peine a-t-on le temps de les goûter qu’il faut déjà y renoncer. Mais ceux-ci, à trop vouloir les savourer, on ne réussi plus à les laisser aller. On s’y accroche, on voudrait les faire durer. On se nourrit mal de portions de dégustation! Le ventre reste creux malgré l’excitation des papilles. Le tout en devient que trop frustrant. Mais on y revient tout le temps en espérant un jour y trouver son compte. Et ce manège tourne et tourne jusqu’au jour où on s’exclame, à bout d’épuisement : « Assez de tout ce cirque, laissez-moi descendre! ».
J’ai la tête qui tourne, je suis épuisé. J’ai encore faim, mais de cette fausse faim du ventre plein qui ne réussit plus à digérer un trop plein. C’est le cœur au bord des lèvres que je m’exclame : « Arrêtez le manège, éteignez les lumières et laissez-moi dormir en paix s’il-vous-plaît! ».
/-- Texte rédigé dans la nuit du 30 décembre 2006
« La vie c'est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit. »
Louis-Ferdinand Céline, Extrait du Voyage au bout de la nuit.
11:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Noël, lumière, découragement, amour, dormir


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