2008.03.17

Les fantômes existent

Uninvited, Alanis Morissette

 

Les fantômes existent.
Ils ne font pas qu'hanter la mémoire.
Parfois ils surgissent du passé et nous confrontent dans le présent.

 

Que faire lorsqu'un fantôme nous apparait?
Faut-il l'ignorer, faire comme s'il n'était pas là?
Doit-on lui adresser la parole? Si oui, pour lui dire quoi?

 

Vendredi dernier, Party Poz avec les potes.
Soudain, sur le plancher de danse, il était là.

 

Je ne l'avais pas vu depuis qu'il m'avait dit avoir besoin d'une pause pour mettre de l'ordre dans ses idées et ses sentiments à mon égard. J'avais été pris par surprise cette fois là aussi. Il est parti comme ça, en me laissant ses clefs, comme s'il allait revenir. Il n'est jamais revenu. Malgré moi, j'avais osé espérer qu'il reviendrait. Je savais que j'entretenais une illusion. Il n'a même pas eu la décence de me rappeler pour me dire qu'au fait, bien qu'il l'ait nié lors de son départ, sa décision était déjà prise. Le billet n'était qu'un aller simple. J'ai dû le forcer à admettre ma défaite.

 

Vendredi dernier, le souffle m'a coupé.
Un tourbillon d'émotions m'a pris au dépourvu, me faisant perdre l'équilibre.
Ça n'a duré qu'un moment.

 

En trame sonore à cette scène de réalité (et non pas celle d'un film), la musique du DJ soulignait merveilleusement mon état d'esprit. Je me sentais envahi, il n'avait pas d'affaire à être là, Uninvited. Fasciné, oui, je l'étais. Bienvenu, non, il ne l'était pas. La pièce musicale suivante, The World is Mine, continuait de me guider. J'étais à ma place, lui, beaucoup moins. J'étais entouré de mes amis. Le groupe prévaut sur l'individu. J'étais bien entouré. Il était seul.

 

J'ai fini par aller lui dire bonsoir et jaser avec lui. Mes mains voulaient le toucher partout, reprendre le contact. Ma bouche voulait la sienne. Pourtant.... Nous n'étions plus dans le même "espace émotif". Nous n'étions plus un, nous étions vraiment deux. Au fil de la conversation, je me suis rendu compte à quel point nous étions différents. Comment, finalement, peu de choses nous liaient encore, ne nous avaient, au fait, jamais liés. C'est à se demander ce qui nous avait uni? Je l'avais laissé entrer dans mon coeur, lui jamais.

 

Je l'ai quitté sur un coin de rue. Il continuait sa soirée dans un autre bar, sur une autre piste de danse, avec d'autres mecs. Je rentrais chez moi, seul. Les amis avaient, eux aussi, continué la soirée ailleurs. Moi je devais être en forme le lendemain et ne pouvais pas continuer la fête. De toutes façons, je n'avais plus l'esprit à la fête.
Je n'ai pas menti en lui disant que j'étais content de l'avoir revu. Ça m'a permis de fermer cette parenthèse qu'il avait ouverte en entrant dans ma vie comme un coup de vent et qui était restée ouverte, battant au vent de son départ soudain.

 

Les fantômes existent.
On ne doit pas les ignorer, s'ils sont là, c'est pour une raison.
Il ne faut pas regarder ailleurs. Il faut leur parler, leur dire qu'ils appartiennent au passé, et qu'ils n'ont pas lieu d'être dans le présent, dans notre présent. Du moins, pas sous la même forme qu'ils avaient de leur "vivant". On peut les inviter à nous quitter s'ils nous dérangent.