2006.08.03

des histoires

Fini les vacances. Retour au boulot. Pas si mal. Le rythme reprend. Le quotidien aussi. Fini les soirées animées. Fini la fête. Retour à la petite vie de tous les jours où on ne peut pas trop en faire car on en fait déjà beaucoup.

Raconter des histoires c'est souvent avoir le don de tourner le plus simple événement en quelque chose d'intéressant. Acheter un muffin le matin peut devenir toute une histoire. Une rencontre, un roman.  Ça dépend de notre capacité à percevoir les choses et à les relater. Ou peut-être simplement, à notre capacité de "dramatiser". La vie est simple mais on se la comlique. On se pose trop de questions. On analyse trop. Les émotions sont trop à fleur de peau, alors on rationalise. On fait des histoires avec des riens juste parce qu'on prend le temps de s'arrêter aux petites choses, aux détails. C'est comme un film sans panoramique, seulement avec des gros plans : ça devient étouffant. Il faut prendre du recul, voir la scène dans son ensemble pour mieux comprendre. Ça peut aller jusqu'à l'arrêt sur image. Pause. Mais si on arrête le film, ça devient une photo. Une photo c'est une image. Une image vaut mille mots. Regard pensif.

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2006.07.30

OutGames 2006

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Hier soir, j’ai assisté à la cérémonie d’ouverture des 1ers OutGames mondiaux Montréal 2006 au stade Olympique. Un événement historique. C’était à la fois impressionnant et émouvant d’être présent avec autant de gens réunis dans un même lieu pour célébrer un événement GLBT majeur. Les participants aux jeux, représentant plus de cent pays envahirent le parterre du stade en portant fièrement les couleurs de leur pays ou région d’origine. Certains venaient même de pays où l’homosexualité est encore un crime passible de représailles allant jusqu’à la peine de mort. Quel courage!

 

Montréal, c’est connu, est une destination touristique gaie de choix. L’ouverture d’esprit des gens et la vigueur de sa communauté GLBT en font un lieu effervescent pour l’avancement de la cause gaie. Quand on baigne dans une telle atmosphère, on se demande parfois pourquoi continuer à revendiquer? Ici, nous avons déjà la reconnaissance des couples du même sexe, le mariage entre personnes du même sexe est légal, l’adoption rendue possible, nous venons de lancer les OutGames, etc. Quand on entend parler de pays criminalisant les gens sur leur orientation sexuelle, on se dit qu’il faut faire tout ce tapage ici pour qu’ailleurs ça aille mieux, aussi!


Après l’entrée en piste des athlètes et les discours officiels, ce fut un spectacle haut en couleur qui célébrait la diversité, le droit à la reconnaissance, la différence, la beauté des milliers de couleurs qui composent la population de la planète, la joie de vivre et la liberté d’être soi-même. J’étais content de faire partie d’un tel « happening ». Je pourrai dire : « J’y étais ! ».

 

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2006.07.29

Flash-back et pizza

Des mots. Une rencontre. Retour en arrière.
Qu’est-ce qui a changé en dix ans
et qu’est-ce qui est resté pareil?
Deux villes, deux provinces, deux pays. 5 000 kilomètres.
Dix ans.
Retour au point de départ. Le point de départ n’est plus là où il était. La planète a tourné. Passez Go, ne réclamez pas 200 dollars, allez directement en prison. Il n’y a pas d’argent à faire là. Les souvenirs défilent à toute allure, comme les cases qu’on passe sans s’y arrêter. On se demande comment on en est rendu là, dans le ici et le maintenant? Quel chemin a été parcouru? L’avant et le maintenant ne devraient pas se côtoyer logiquement, alors comment se fait-il qu’on soit passé de la case « A » à la case « Z » d’un seul coup? « Z », c’est la fin de l’alphabet, mais est-ce la fin maintenant?


« If there's only one day left for you, only one night
Then let it be love. »

 

Une bouche. Un baiser. Geste intime.
Répété à l’extrême, en devient-il public?
Et si on embrassait qu’une fois? Qu’une seule et unique fois?
Imaginez la puissance de ce baiser.

Embrasser mille fois la même personne, embrasser mille personnes une fois, quelle différence? Une ligne en continu, une série de points. Est-ce que le millième baiser d’une des deux situations aurait plus de signification que l’autre? Quel est l’effet de dilution? Est-ce qu’à embrasser la même personne mille fois, on se perd dans une fusion avec cette autre personne? Notre essence se déplace-t-elle?
Est-ce qu’à embrasser mille personnes une fois chacune, on se perd en dispersion? Notre essence s’éparpille-t-elle?
1000 x 1 = on se retrouve en relation.
1 x 1000 = on se retrouve en écho.
Mathématiquement, 1000 x 1 = 1 x 1000. Je doute qu’il en soit de même sentimentalement. Notre essence se transfère-t-elle? Est-ce qu’on y gagne ou on y perd?

 

« Qui trop embrasse mal étreint »
— proverbe du XVème siècle

 

J’en ai marre de toutes mes histoires qui ne mènent à rien.

 

Bouches et chaussures. Doit-on essayer les unes comme on essaye les autres pour réussir à trouver notre pointure? Comment distinguer celles qui font mal aujourd’hui mais seront les plus confortables demain de celles qui feront toujours mal, aujourd’hui et demain? Il y a aussi celles qui semblent bien confortables dès le premier essai mais qui finiront par vous bousiller le pied, la cheville, le genou, le bassin et le dos au complet car leur confort n’est qu’illusoire puisqu’au lieu de vous soutenir, elles vous réconfortent dans de mauvaises postures/habitudes. À quel point peut-on se fier à ses propres sens pour savoir ce qui est bon pour nous?

 

La pizza, usuellement accompagnée de bière, parfois en quantités démesurées, est sensée remplir l’estomac et calmer la faim. Pourtant, il arrive qu’après une gorgée de trop, la dernière bouchée fasse en sorte que l’estomac se vide. La métaphysique des tubes. L’univers ne supporte pas le vide mais l’estomac, lui, ne supporte pas le trop plein. Qu’en est-il du cœur?

 

« … la force d’inertie – la plus forte des forces. La plus paradoxale des forces, aussi : quoi de plus bizarre que cet implacable pouvoir qui émane de ce qui ne bouge pas? »
— Amélie Nothomb