2006.11.22

Rien

Ce soir, j’ai rien de particulier à raconter. J’ai juste le goût d’écrire, sans avoir de sujet ou de thème, rien.

 

Au boulot je passe d’un rythme fou où je suis en mode réactif à un rythme ultra lent rempli d’expectative en attendant que la prochaine urgence me tombe dessus sans pouvoir m’y préparer outre mesure.

 

Côté social, il ne se passe rien non plus. Boucles d’or se remet d’une méchante gastro qu’elle ne veut surtout pas me refiler. Froufrou ne donne pas de nouvelles, elle doit être débordée par le travail. Dimanche, je me suis permis un RDV internet pour ne pas aller au ciné tout seul. Il ne s’est rien passé avec le monsieur. J’ai même pas eu l’impression de l’intéresser d’aucune façon. Moi j’ai trouvé qu’il avait de beaux yeux. Nous avons été polis. Au moins le film était super bon. PY est sur un horaire de nuit et moi j’ai besoin de dormir presque sans cesse ces nuits-ci. Marco a repris contact dernièrement mais toutes ses histoires de plaisirs charnels me lassent rapidement. Au moins, je suis supposé voir ma Vie samedi. Sœurette joue à l’infirmière à temps plein ces jours-ci mais trouve quand même le temps de me lâcher un coup de fil régulièrement.

 

Physiquement, c’est l’engourdissement total. La névralgie se résorbe, probablement grâce aux petites pilules bleues. Le rhume est passé rapidement mais il m’a laissé les batteries à plat avec l’impression de ne jamais avoir assez dormi. Je ne vais ni bien ni mal. Le contre-coup du relâchement du stress et de l’adrénaline causés par le travail a sûrement quelque chose à voir avec ça.

 

Émotionnellement, c’est aussi le ballottement. Pas de nouvelle de Voix de tonnerre. J’en aurai probablement plus. Le bel arabe n’a pas osé rappliquer après ma dernière réponse cinglante. J’ai l’impression que le tic-tac de mon cœur s’est tu. Je n’ai plus le goût à l’aventure. Je n’y crois plus. Certains disent que dans la vie, nous n’avons qu’un seul grand amour. Peut-être l’ai-je connu et que c’est fini pour moi. Étrangement, ça ne me manque pas tant que ça, quoique j’aimerais bien une épaule sur laquelle poser ma tête et une main dans mes cheveux. Mais je suis fermé comme une huître par les temps qui courent. Craintif et peu avenant.

 

Je me soûle de musique puisque mon foie refuse de traiter l’alcool.

 

 

Ainsi soit je – Mylène Farmer

 

Bulle de chagrin
Boule d´incertitude
Tant de matins
Que rien ne dissimule
Je veux mon hiver
M´endormir loin de tes chimères
Je sais bien que je mens
Je sais bien que j´ai froid dedans

Bulle de chagrin
Boule d´incertitude
De nos destins
Nait que solitude
Tu dis qu´il faut du temps
Qu´aimer n´est pas un jeu d´enfant
Je sais bien que tu mens
Mais je suis si seule à présent

Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit Il
Ainsi moi je
Prie pour que
Tu Fuis mon exil
Mais quel espoir
Pourrais-je avoir
Quand tout est noir?
Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit ma vie
Tant pis.


Bulle de chagrin
Boule d´incertitude
Deux orphelins
Que le temps défigure
Je voudrais mon hiver
M´endormir loin de tes chimères
Tu sais bien que je mens
Tu sais bien que j´ai froid dedans

Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit Il
Ainsi moi je
Prie pour que Tu
Fuis mon exil
Mais quel espoir
Pourrais-je avoir
Quand tout est noir?
Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit ma vie
Tant pis.

2006.11.12

Dimanche soir

Dimanche soir. Le week-end est déjà presque fini. Il fait nuit déjà même s’il n’est pas si tard. Le moral m’a finalement lâché. Le week-end est passé trop vite, trop seul.

 

Un avion déchire le soir
Emporte quelque chose de moi
Un signal dans ta mémoire
Tourne la page, tourne la page.

 

Pas de nouvelle. Ni du mec avec qui je devais aller prendre un café cet après-midi, ni de celui que ma mémoire ne peut effacer.

 

Un avion déchire le soir
Me laisse derrière, nuit de l'absence
C'est comme un cri de désespoir
Comme le tonnerre dans le silence.

 

Par chance qu’il y a mon chat et mon « sac magique » pour réchauffer mon lit. Mon corps subit une petite tempête, à peine une turbulence. Ma gorge brûle, je suis un peu fiévreux, le médicament contre ma névralgie m’assomme sans pour autant faire cesser la douleur qui me traverse le visage. J’avais pas besoin d’un rhume en plus! Mon moral sombre dans la noirceur du jour pluvieux que quelques films loués n’arrivent pas à ensoleiller. J’aimerais tant entendre le tonnerre de sa voix. Je n’ose pas lui téléphoner. Il n’a que brièvement confirmé la réception de mon dernier message. Je crois qu’il préfère ne pas donner de suite.

 

Un avion déchire le soir
Et laisse des traces d'indifférence
C'est comme un cri de désespoir
Message d'amour à longue distance.

 

Son souvenir, pourtant sans espoir, me donnait du courage. Son silence, me confronte à ma solitude. Je ne peux plus me dire qu’à quelque part, pour quelqu’un, je suis spécial. Il me faut tourner la page, revenir à la réalité, arrêter de rêvasser. Amour à longue distance, il n’y a pas. Pour ce qui est du ici et du maintenant, Blondy n’a pas donner signe de vie non plus. Indifférence? Manque d’intérêt? Chance? Dans le fond, comme je ne suis pas vraiment dans mon assiette, c’est mieux ainsi, non? N’empêche que ça fait du bien, des fois, de rêver un peu.

 

Au moins, il y a les amis qui passent, comme des étoiles filantes, pour éclairer le ciel de leur présence. Je ne pourrai donc pas dire que le week-end est passé en vain et que je n’en ai rien fait. Même si c’est si peu.

 

Tourne la page
René & Nathalie Simard
Paroles et Musique: R.Musumarra, R.Zanelli, JM.Moreau   1987 ©Trema
http://www.bide-et-musique.com/song/1865.html
pour le texte complet.

 

2006.11.03

Running

 

 

Il est tard. Je devrais dormir. Je ne dors pas. Cette chanson, déjà troublante dans sa version originale (interprétée par Kate Bush), rendue avec tellement plus d’émotions dans cette reprise de Placebo, me hante. Me garde éveillé. Je l’ai entendu au hasard d’une émission de télévision. C’est mon côté compulsif. Il me fallait cette chanson. Me voilà qui achète la version originale et cette nouvelle version grâce à l’internet. Elle fait monter une vague cruelle d’émotions que je ne comprends pas. J’ai beau lire les paroles, rien ou presque. Le rythme répétitif, ce sentiment d’urgence, de douleur, de frayeur, de déchirement, tous ces éléments me touchent.

 

« I’d make a deal with God and I’d make him to swap our places. »

 

Je me suis déjà trouvé dans une situation où j’ai voulu marchander avec Dieu, lui demandé d’échanger ma place pour celle d’un autre. Plus précisément, je voulais donner ma vie pour que celle d’un autre soit épargnée. C’est la dernière fois que j’ai aimé. Cette relation m’a définitivement brisé le cœur. Il m’a abandonné et trahi. M’a-t-il aimé? Il a dit avoir été déchiré lui aussi par notre séparation. Nous ne réagissons pas tous de la même façon. Nous n’avons pas tous la même capacité de passer à autre chose et de laisser le passé derrière. Il a continué sa route. Je n’étais pas sur ce chemin-là. Nos routes se sont croisées, chevauchées, pendant seulement quelques temps, quelques battements de cœurs. Trop fort, les battements de cœurs. Trop d’émotions. Trop de non-dits. Trop de murs intérieurs. Trop de secrets. Trop de renoncements. Trop. Juste trop. Trop court, le temps ensemble. Trop loin, la distance nous séparant. Trop violents, les sentiments. Trop important, mon secret. Trop forte, son ambition.

 

« Unaware I’m tearing you asunder. Ooh, there is thunder in our hearts. Is there so much hate for the ones we love? Tell me, we both matter, don’t we?  ».

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Cette semaine, j’ai recommencé à souffrir de névralgie post-herpétique. Ma troisième crise en autant d’années. Ça fait très mal. Surtout le soir, lorsque je suis fatigué. Le contact de mon visage contre l’oreiller m’envoie des décharges électriques en plein visage. Je n’ai pas d’éruptions cutanées, juste la névralgie. En plein visage. Ça me traverse le côté droit du visage, formant un arc de ma narine au milieu de mon crâne dans les pires cas. La plupart du temps, ce n’est qu’une partie de cet arc qui se manifeste. Habituellement, ce sont les personnes de plus de 60 ans qui souffrent de cette affliction. Mais les personnes atteintes du VIH sont aussi une population à risque. Aucun traitement efficace connu ou si peu. Peut mener à la cécité ou une paralysie de la région atteinte dans les cas extrêmes. Rien de rassurant.

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Mon bel arabe m’a téléphoné dernièrement. Il veut me revoir ou du moins récupérer le vêtement laissé chez moi dans sa hâte de me quitter lors de sa dernière visite. Je suis déchiré entre mon désir de le revoir, ma conscience que ça risque de me chavirer pour rien, le cynisme que j’éprouve face à son incapacité de se positionner clairement face à moi et l’impression d’être utilisé, n’existant que lorsqu’il a le goût de me voir.

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Je m’inquiète de mon cœur meurtri trop souvent. Peut-être que c’est pour ça qu’il est en panne? À force de me le faire casser, j’ai peur qu’il ne fonctionne plus correctement. D’où mes mots de consolation à chaque fois que je m’aperçois qu’il bat encore aux détours d’une rencontre. « Ouf! Ok.. le tic-tac est encore là. ». Est-ce que ça se peut un cœur qui arrête?

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La réalité et le virtuel. Un sujet relationnel des plus intéressants. Je décroche de plus en plus de l’Internet comme moyen de rencontre. Haut-le-cœur. Je n’y crois plus à cette traversée du miroir où le reflet de l’autre, qui n’est finalement que beaucoup de nous-même, traverse le gouffre séparant le virtuel du réel. Cheminement dans la bonne direction. Parcours encore incomplet. Je décroche du virtuel en m’ancrant de plus en plus dans le réel. Mais je m’accroche encore les pieds dans le tapis du réel, y perd mon équilibre. Ma main cherche un appui mais ne rencontre que le vide. Du coup, la réalité me semble tout aussi intangible que l’illusion du virtuel. Quelques pas encore et peut-être y aura-t-il matérialisation?


Running up that hill
Kate Bush

If I only could, I’d be running up that hill.
If I only could, I’d be running up that hill.

It doesn’t hurt me.
Do you want to feel how it feels?
Do you want to know that it doesn’t hurt me?
Do you want to hear about the deal that I’m making?
You, it’s you and me.

And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
Be running up that building.
If I only could, oh...

You don’t want to hurt me,
But see how deep the bullet lies.
Unaware I’m tearing you asunder.
Ooh, there is thunder in our hearts.

Is there so much hate for the ones we love?
Tell me, we both matter, don’t we?
You, it’s you and me.
It’s you and me won’t be unhappy.

And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
Be running up that building,
Say, if I only could, oh...

You,
It’s you and me,
It’s you and me won’t be unhappy.

C’mon, baby, c’mon darling,
Let me steal this moment from you now.
C’mon, angel, c’mon, c’mon, darling,
Let’s exchange the experience, oh...

And if I only could,
I’d make a deal with God,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.

And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.

And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.

If I only could
Be running up that hill
With no problems...

If I only could, I’d be running up that hill.
If I only could, I’d be running up that hill.

 

2006.10.29

Immobilité

Le temps passe. La vie continue son chemin. Parfois, j’ai l’impression d’avoir été oublié sur une tablette. Des fois, ça fait mon affaire. Des fois, ça me décourage. Des fois, ça m’enrage.

 

Hier soir, je suis allé à une fête d’Halloween chez un ami. Au fait, c’est un de mes ex-chum. Pendant la soirée, nous avons réalisé que ça faisait 10 ans que nous nous étions rencontré. Octobre 1996. Ça me semble une éternité. Il s’est passé tant de choses depuis. Nous étions un couple quand j’ai appris ma séropositivité. Il est encore séronégatif. Nous avons gardé contact sans devenir les meilleurs potes du monde. C’est le seul de mes ex avec qui j’ai gardé une forme de lien.

 

10 ans plus tard. Il s’est passé beaucoup de choses et pourtant, si peu ont changé. Certains copains qui étaient de son entourage lorsque nous nous fréquentions en sont encore et étaient présents. Nous nous sommes remémorer des moments marquants vécus ensemble. Puis nous avons échangé sur nos expériences depuis notre séparation. Depuis qu’il m’a laissé, deux autres relations ont croisé ma route. Les deux de courtes durées : trois et huit mois. La dernière s’est terminée à l’automne 2001. Ça fait cinq ans ferme. Depuis, c’est le désert. À peine quelques rares rencontres sans suite.

 

Les gens me demandent souvent comment ça se fait qu’un gars aussi gentil, intelligent, charmant et plutôt beau bonhomme comme moi reste sans partenaire si longtemps. Je me fais souvent taquiner en me faisant dire que je suis trop difficile. Je réponds souvent vaguement que pour quelques une de ces années, j’avais d’autres chats à fouetter, que je n’étais pas disponible pour une relation. Ensuite, le prince charmant ne s’est juste pas montré le bout du nez. Il faut bien répondre quelque chose, non?

 

En mon for intérieur, je crie, je hurle : « Le VIH a complètement foutu ma vie en l’air! » Plus rien n’est pareil depuis. Cette maladie fait peur, fait fuir. Les partenaires potentiels ont peur de l’attraper ou peur de s’amouracher à moi et d’avoir à me voir dépérir ensuite. À la limite, peur de m’accompagner dans le dernier voyage. Mais au-delà des autres, au-delà d’eux, il y a moi. J’ai fait une dépression majeure. J’ai perdu mon assurance, celle qui faisait tourner les têtes. J’ai perdu confiance en moi, celle qui rayonnait et attirait. J’ai perdu la santé, celle qui permettait de faire des projets et qui me donnait l’énergie de faire plein de trucs. J’ai perdu mon emploi, celui qui m’élevait socialement. Il y a moi qui n’est plus le même. Mais ça, je ne peux pas le dire à tout le monde.

 

Avec le temps, la dépression s’éloigne pour devenir un mauvais souvenir plutôt qu’une réalité. En lien direct, la confiance et l’assurance reviennent petit à petit. La santé reste un deuil à faire mais je relativise beaucoup et le paysage prend de plus en plus de perspective. J’apprécie mon emploi actuel en trouvant qu’il est beaucoup plus en accord avec ce que je suis. Et la liste continue. C’est un long processus, très long parce que très lent. Il faut être patient, avec soi plus que tout. Mais la patience, c’est pas vraiment mon fort. J’apprends.

 

La compagne de mon frère a donné naissance à une petite fille cette semaine. La vie n’arrête pas. Ils projettent de se marier l’été prochain. Mon frère nage en plein bonheur. Il a rencontré « la bonne » et il réalise ses rêves, un après l’autre. Je suis heureux pour lui mais ça met en relief mon impression de seulement survivre, que rien ne bouge pour moi. J’apprends la patience et je ronge mon frein en espérant qu’il lâche et que les choses se mettent en branle dans une direction plus clémente. Mais j’ai peur de ne pas pouvoir suivre une trop grande accélération. Alors je ronge lentement, changeant les choses lentement, laissant au temps le temps de faire son œuvre, en me disant que le moment venu, les choses changeront si elles doivent changer. Sagesse? Patience? Lâcher-prise? Résignation? Abandon? Je ne sais pas. Peut-être que je me bats trop? Peut-être pas assez? Suis-je courageux ou lâche? L’immobilité est parfois rassurante même si elle est aussi frustrante.

 

Stones taught me to fly
Love taught me to lie
Life taught me to die
So it's not hard to fall
When you float like a cannonball

Stones taught me to fly
Love taught me to cry
So come on courage!
Teach me to be shy

-Damien Rice (Cannonball)

2006.10.18

Lettre à un amour lointain, pourtant si proche

Je suis dans un ralentissement au travail et ça me fait du bien. J'en profite pour t'écrire un petit mot. Rien à raconter vraiment, rien d'autre que le boulot, la famille et les amis proches que je garde jalousement.

Ici l'automne bat son plein avec ses merveilleuses couleurs et son air frais et vivifiant que j'aime tant. Le ciel est souvent gris et le temps pluvieux cependant. Je vais bientôt ranger mon vélo avec regrets.

Ce soir, j'écoutais de la musique en faisant un peu de ménage et Damien Rice m'a chanté "The Blower's Daughter". Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à toi et moi sur une terrasse, rue St-Denis avec un pichet de sangria, lorsqu'il entonnait "I can't get my eyes off of you...". On se demandera bien pourquoi!

Je réalise avec le temps les beaux cadeaux que tu m'as fait. Dans mes moments de doutes, lorsque ma foi en moi vacille, je m'appuie sur toi. Mon coeur reste convaincu que si un mec aussi intéressant que toi s'est intéressé à moi, je vaux donc beaucoup. Pour quelqu'un qui a connu une chute au niveau zéro de l'estime de soi à un moment donné, c'est précieux. Cette certitude m'empêche sûrement de faire plein de conneries, ou du moins de laisser le premier venu m'approcher. Comme le chante Céline "Moi je crois toi, toi je te crois" même quand moi je ne me crois pas, ne me crois plus. Y a-t-il plus beau cadeau que d'avoir redonné un tant soit peu, un peu d'amour de soi à quelqu'un? De plus, tu n'as même pas besoin d'être là pour que le cadeau soit. Même si mon reflet dans ton regard et la chaleur de ton sourire sauraient ranimer le chaleur au fond de mon coeur.

Merci.

Je voulais t'écrire un tout petit mot, mais voilà, mes doigts s'agitent sur le clavier en pensant à toi, sans s'arrêter, comme si d'en caresser les touches pour t'écrire des mots était un peu comme te caresser toi, ta peau.

2006.09.03

Passage à vide

Des assiettes empilées sur le bout de la table. Des morceaux de pain doré y gisent, laissés là. Je me retrouve seul face à moi-même. Pourquoi est-ce que je me sens vide?

Fatigué physiquement, la nuit n’ayant apporté qu’un sommeil sans repos, interrompu à maintes reprises. Le lit défait, vestige et témoin de la nuit mouvementée, reflet du sentiment m’habitant. Seulement ma deuxième nuit avec lui. Nous ne sommes pas encore habitués à dormir ensemble. Peut-être ne le deviendrons-nous jamais?

Fatigué émotionnellement, la rencontre ne fut pas à la hauteur de mes attentes. Il m’avait parlé de faire une activité ensemble. Il n’est finalement venu que pour passer la nuit. Il est arrivé tard. Nous avons jasé un peu, regardé un bout de film et sommes allés au lit. Ce matin, petit-déjeuner et hop! Le voilà reparti en moins de deux.

Je reste avec une série de questions sans réponses. Nos rencontres ne sont qu'une suite de points dans le temps et bien que j'essaye de donner une direction à cette série de points, ils ne forment pas de droite dans l'espace, juste une série d'épisodes dans le temps.

Ça fait déjà quelques temps que nous nous sommes rencontré. Je voyais bien que ça ne menait nulle part et j’avais classé la chose comme sans lendemain. Mais il m’est revenu en cette fin d’été en me disant qu’il avait fait plusieurs prises de conscience; qu’il n’était plus au même endroit dans sa tête. Et moi, l’éternel curieux, le romantique fini, j’ai pas pu résister à la tentation d’aller voir si j’y étais. Le cœur plein d’espoirs, la tête remplie d’attentes. Mais voilà, quand on a des attentes, on a souvent les déceptions qui viennent avec.

Je suis un peu à l'envers depuis qu’il est parti. Oh, pas la grosse crise ni un drame. Mon cinéma n’était pas assez avancé pour ça. Juste un malaise, une impression d'avoir fait un peu fausse route. Me voilà donc garé sur le côté de la route, prenant un temps d’arrêt pour me demander : mais au fait, la réalité, elle est où? Entre ce que j'espère, ce que je sens et ce qui est? Les moments passés ensemble, je ne les regrette pas, ils furent tous souhaités et agréables. Je me questionne simplement sur la continuité. Où est-ce que je vais avec ce mec? Où est-ce que je veux aller? Où est-ce que je ne veux pas aller? Est-ce que ça me convient? Qu'est-ce que je donne, qu'est-ce que je prends? Où est-ce que je mets mes limites? Chose qui est toujours difficile à faire pour moi. Et lui? Où va-t-il avec moi? Où est-ce qu’il veut aller? Est-ce que ce que je veux et ce qu’il veut vont de pair?

Quand je lui fais part de mes questions, il fuit, pas moyen d’avoir de réponse, ou si peu. Elles sont vagues, nébuleuses et sans engagement surtout, ses réponses. Il a peur de me faire mal, de me décevoir, de me froisser, dit-il. Il nous voit comme des amis-amants qu’il fini par me lâcher. Il me dit qu’il appréhendait ce moment où je le questionnerais sur notre « relation ».

Parfois c'est difficile d'être lucide… mais souvent, c'est mieux ainsi. Je m'aperçois aussi que de mon côté, il y a des trucs avec lesquels je pensais pourvoir composer et qui, finalement, ne me conviennent pas du tout. Je crois que c'est surtout ça qui me fait de la peine. Je suis déçu de moi. Je réalise que s’il me proclamait son amour, je n’en serais que plus mal à l’aise. La relation n’est pas possible, ni de son côté, ni du mien. J’en reviens à ma première impression : ça ne mènera nulle part cette histoire! Finalement, ce qu’il me révèle me soulage. Savoir qu’il n’espérait pas s’engager me rassure. Je le décevrai moins en étant incapable de le prendre tel qu’il est avec ses limites et ses contradictions. Je vois bien que tant et aussi longtemps que je parviens à ne pas avoir d'attente à son égard, je vais bien et je prends chaque moment passé ensemble comme un cadeau mais que du moment que j'en veux davantage, le moindrement que j'arrête de simplement recevoir et que je commence à demander... ça dérape. Il ne peut pas donner. Pas maintenant, pas comme je le voudrais, probablement jamais. Il est musulman pratiquant et ça amène tout un lot de limites et de différences souvent insurmontables. De plus, il me dit qu’il sort à peine d'une rupture, qu’il n’est donc pas prêt à s'engager dans une nouvelle relation. Il ne serait ni objectif ni sincère. Il se sent vulnérable. Moi aussi je le suis mais moins qu’avant. Je commence à être assez solide sur mes deux pattes pour m’affirmer, pour affirmer que je veux une relation complète et sans retenue, qu’elle soit causée par la religion ou un cœur n’étant pas tout à fait libre ou les deux à la fois. Je recommence à être assez bien dans ma tête et dans mon cœur pour me dire à nouveau qu’une relation est possible, c’est au moins ça de pris!


Come Undone
Duran Duran
The Wedding Album – 1993

Mine, immaculate dream made breath and skin
I've been waiting for you
Signed, with a home tattoo,
Happy birthday to you was created for you

(Can't ever keep from falling apart at the seams
Can't I believe you're taking my heart to pieces)

Oh, it'll take a little time,
might take a little crime
to come undone now

(PRECHORUS)
We'll try to stay blind
to the hope and fear outside
Hey child, stay wilder than the wind
And blow me in to cry

(CHORUS)
Who do you need, who do you love
When you come undone
(repeat)

(Verse 2)
Words, playing me deja vu
Like a radio tune I swear I've heard before
Chill, is it something real
Or the magic I'm feeding off your fingers

(Can't ever keep from falling apart at the seams
Can I believe you're taking my heart to pieces)

Lost, in a snow filled sky, we'll make it alright
To come undone now

2006.08.06

La fête est finie

Voilà... la fête est finie... enfin! Ou presque…

J. repart demain pour la Hollande. Avant-dernière visite estivale pour moi. Il a le coeur lourd, il a trouvé l'amour ici mais il repart au loin. Sentiment qui m'est familier. Les OutGames et le Pride se terminent aujourd'hui. La chaleur tombe le soir, nous laissant dormir en paix la nuit. Le boulot reprend son rythme fou à partir de demain. Et je n'ai plus d'aventures en vue. Fiou! Vivement le retour à la vie "normale"! Pourquoi donc cette mélancolie alors? Peut-être parce que moi aussi, j'aurais bien aimé avoir une main (une en particulier) dans la mienne en me baladant dans les rues aujourd'hui parmi la foule. Hummmm.. mon coeur bat encore... même si ce n'est pas encore pour le bon. J'ai essayé de le blinder mais... j'ai pas réussi au complet. J'ai peur du tonnerre, pourtant sa voix résonne tout autant dans mes oreilles même si elle s'est tue.

 

Dis Tout Sans Rien Dire
Daniel Bélanger – Rêver mieux


podcast

Si jamais on te demande
Où je suis passé
C'est facile, invente
Dis tout sans rien dire
Ou mens sans mentir 

Ne dis surtout pas
Combien j'ai peur
De ces voix dans ma tête
Qui me racontent
Des histoires bizarres
Et très étranges
Je finis par les croire
Et elles me hantent
Du matin au soir
Dis tout sans rien dire
Ou mens sans mentir 

Je fais un rêve
Chaque nuit le même
Et dans ce rêve
Tout est plus réel et plus terrestre
Où je me vois tout en contrôle
Aimer la vie, m'aimer aussi

Si jamais
Tu fais un vœu
Sous une étoile filante
Ferme les paupières
Pense à moi ton frère
Vois comme je suis pauvre
Face à toi, l'âme saine et sauve
Si je suis fou comme je le pense
Reste là à mes cotés
En silence, sans rien dire