2009.08.29

Les erreurs, non pas les succès

Je viens tout juste de regarder un épisode d'une nouvelle série télévisée qui se terminait sur cette note : "Ce sont nos erreurs et non pas nos succès qui font de nous qui nous sommes".

Ce matin, je me suis levé "groggy" après une bonne nuit de sommeil sous la couette, le nez au frais. Je me sentais comme un petit garçon espiègle, enjoué. La température mossade aura eu raison de ma bonne humeur matinale. Mais j'ai confiance qu'elle revienne. Les émotions sont comme les vagues et les marées de la mer : ils vont et viennent sans cesse. Parfois hautes, parfois basses. Quelques fois impressionnantes, souvent appaisantes. Mais jamais on ne s'en lasse.

2008.03.17

Les fantômes existent

Uninvited, Alanis Morissette

 

Les fantômes existent.
Ils ne font pas qu'hanter la mémoire.
Parfois ils surgissent du passé et nous confrontent dans le présent.

 

Que faire lorsqu'un fantôme nous apparait?
Faut-il l'ignorer, faire comme s'il n'était pas là?
Doit-on lui adresser la parole? Si oui, pour lui dire quoi?

 

Vendredi dernier, Party Poz avec les potes.
Soudain, sur le plancher de danse, il était là.

 

Je ne l'avais pas vu depuis qu'il m'avait dit avoir besoin d'une pause pour mettre de l'ordre dans ses idées et ses sentiments à mon égard. J'avais été pris par surprise cette fois là aussi. Il est parti comme ça, en me laissant ses clefs, comme s'il allait revenir. Il n'est jamais revenu. Malgré moi, j'avais osé espérer qu'il reviendrait. Je savais que j'entretenais une illusion. Il n'a même pas eu la décence de me rappeler pour me dire qu'au fait, bien qu'il l'ait nié lors de son départ, sa décision était déjà prise. Le billet n'était qu'un aller simple. J'ai dû le forcer à admettre ma défaite.

 

Vendredi dernier, le souffle m'a coupé.
Un tourbillon d'émotions m'a pris au dépourvu, me faisant perdre l'équilibre.
Ça n'a duré qu'un moment.

 

En trame sonore à cette scène de réalité (et non pas celle d'un film), la musique du DJ soulignait merveilleusement mon état d'esprit. Je me sentais envahi, il n'avait pas d'affaire à être là, Uninvited. Fasciné, oui, je l'étais. Bienvenu, non, il ne l'était pas. La pièce musicale suivante, The World is Mine, continuait de me guider. J'étais à ma place, lui, beaucoup moins. J'étais entouré de mes amis. Le groupe prévaut sur l'individu. J'étais bien entouré. Il était seul.

 

J'ai fini par aller lui dire bonsoir et jaser avec lui. Mes mains voulaient le toucher partout, reprendre le contact. Ma bouche voulait la sienne. Pourtant.... Nous n'étions plus dans le même "espace émotif". Nous n'étions plus un, nous étions vraiment deux. Au fil de la conversation, je me suis rendu compte à quel point nous étions différents. Comment, finalement, peu de choses nous liaient encore, ne nous avaient, au fait, jamais liés. C'est à se demander ce qui nous avait uni? Je l'avais laissé entrer dans mon coeur, lui jamais.

 

Je l'ai quitté sur un coin de rue. Il continuait sa soirée dans un autre bar, sur une autre piste de danse, avec d'autres mecs. Je rentrais chez moi, seul. Les amis avaient, eux aussi, continué la soirée ailleurs. Moi je devais être en forme le lendemain et ne pouvais pas continuer la fête. De toutes façons, je n'avais plus l'esprit à la fête.
Je n'ai pas menti en lui disant que j'étais content de l'avoir revu. Ça m'a permis de fermer cette parenthèse qu'il avait ouverte en entrant dans ma vie comme un coup de vent et qui était restée ouverte, battant au vent de son départ soudain.

 

Les fantômes existent.
On ne doit pas les ignorer, s'ils sont là, c'est pour une raison.
Il ne faut pas regarder ailleurs. Il faut leur parler, leur dire qu'ils appartiennent au passé, et qu'ils n'ont pas lieu d'être dans le présent, dans notre présent. Du moins, pas sous la même forme qu'ils avaient de leur "vivant". On peut les inviter à nous quitter s'ils nous dérangent.

2007.02.18

Discours de la St-Valentin


Kathy's Song, paroles et musique : Paul Simon (1966)

 

Aujourd’hui j’ai pas de thème. J’ai pas de « t’aime » non plus. Dans le fond, c’est peut-être ça mon thème : ne pas avoir de « t’aime ».

 

J’ai passé la journée à me saouler de télé après avoir passé la nuit à me goinfrer de jeux vidéo stupide sur mon ordi. Le dernier film regardé était « Romance à Manhattan ». D’aucuns diront que c’est un navet. N’empêche que l’amour c’est toujours au goût du jour. J’ai aussi regardé un bout de « The Fifth Element » de Luc Besson, un de mes films fétiches dont ma réplique favorite est « MULTIPASS » dit avec une conviction toute naïve par une Milla Jovovich extra-terrestrifiée. Le coup de grâce fut la chanson finale du film avec Jennifer Lopez : Kathy’s Song de Paul Simon. Cette chanson me fait toujours pleurer pour peu que je l’écoute attentivement. C’est la chanson-phare des amours à distance. Que la distance soit dans l’espace ou le temps, peu importe.

 

Ces jours-ci sont particulièrement difficiles. Je sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. La solitude recommence à me peser à nouveau. Je pleure un amour perdu mais je ne sais même plus lequel. Le soir de la St-Valentin j’ai soupé avec une copine qui me racontait le tiraillement de son cœur entre deux mecs, chacun sur des continents différents, dans des univers quasi-parallèles tellement les lieux sont différents. Comme de raison, l’amour et les relations étaient les sujets de mise pour cette soirée. Je lui ai raconté ma pire St-Valentin : un week-end passé à Québec avec mon homme du moment. Depuis cette fin-de-semaine, Québec fait partie des villes que je n’aime pas. Calgary est une autre de ces villes qui se retrouvent sur ma liste noire. Celle-ci l’est pour avoir engouffré le dernier homme pour qui mon cœur a saigner. Il y a aussi Zurich pour m’avoir fait entendre un mirage. J’ajouterais Toronto, pour m’avoir fermé la porte au nez après m’avoir invité à y habiter. Je disais donc à ma copine, être content d’être célibataire en ce jour des amoureux. Pour moi, cette fête avait majoritairement été la scène de drames conjugaux plutôt que de jouissances amoureuses. Ce jour-là, il y a trop d’attentes, trop de diversité dans l’expression du sentiment amoureux, trop de sensibilités. Ça peut pas faire autrement que de décevoir.

 

Elle disait ne pas avoir cesser d’aimer son ex qui revient, comme une vague, la hanter à heure fixe. Moi aussi je les aime encore tous. Pas de la même façon, pas avec la même intensité, pas pour retourner avec eux, même si certains me troublent encore grandement lorsque je les croise au hasard des chemins. Après tout, « aimer ne se conjugue pas au passé » comme le disait une chanson d’Isabelle Aubret. Je lui disais qu’à chacun de ces hommes, j’ai donné un bout de mon cœur. Si bien qu’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il ne m’en reste plus. Il ne m’en reste plus. Il ne me reste qu’une grande plaie béante. J’ai au moins la mémoire d’avoir aimé. Aimé souvent, passionnément. C’est déjà pas mal. J’essaye de m’en convaincre. 

2006.11.12

Dimanche soir

Dimanche soir. Le week-end est déjà presque fini. Il fait nuit déjà même s’il n’est pas si tard. Le moral m’a finalement lâché. Le week-end est passé trop vite, trop seul.

 

Un avion déchire le soir
Emporte quelque chose de moi
Un signal dans ta mémoire
Tourne la page, tourne la page.

 

Pas de nouvelle. Ni du mec avec qui je devais aller prendre un café cet après-midi, ni de celui que ma mémoire ne peut effacer.

 

Un avion déchire le soir
Me laisse derrière, nuit de l'absence
C'est comme un cri de désespoir
Comme le tonnerre dans le silence.

 

Par chance qu’il y a mon chat et mon « sac magique » pour réchauffer mon lit. Mon corps subit une petite tempête, à peine une turbulence. Ma gorge brûle, je suis un peu fiévreux, le médicament contre ma névralgie m’assomme sans pour autant faire cesser la douleur qui me traverse le visage. J’avais pas besoin d’un rhume en plus! Mon moral sombre dans la noirceur du jour pluvieux que quelques films loués n’arrivent pas à ensoleiller. J’aimerais tant entendre le tonnerre de sa voix. Je n’ose pas lui téléphoner. Il n’a que brièvement confirmé la réception de mon dernier message. Je crois qu’il préfère ne pas donner de suite.

 

Un avion déchire le soir
Et laisse des traces d'indifférence
C'est comme un cri de désespoir
Message d'amour à longue distance.

 

Son souvenir, pourtant sans espoir, me donnait du courage. Son silence, me confronte à ma solitude. Je ne peux plus me dire qu’à quelque part, pour quelqu’un, je suis spécial. Il me faut tourner la page, revenir à la réalité, arrêter de rêvasser. Amour à longue distance, il n’y a pas. Pour ce qui est du ici et du maintenant, Blondy n’a pas donner signe de vie non plus. Indifférence? Manque d’intérêt? Chance? Dans le fond, comme je ne suis pas vraiment dans mon assiette, c’est mieux ainsi, non? N’empêche que ça fait du bien, des fois, de rêver un peu.

 

Au moins, il y a les amis qui passent, comme des étoiles filantes, pour éclairer le ciel de leur présence. Je ne pourrai donc pas dire que le week-end est passé en vain et que je n’en ai rien fait. Même si c’est si peu.

 

Tourne la page
René & Nathalie Simard
Paroles et Musique: R.Musumarra, R.Zanelli, JM.Moreau   1987 ©Trema
http://www.bide-et-musique.com/song/1865.html
pour le texte complet.

 

2006.10.18

Lettre à un amour lointain, pourtant si proche

Je suis dans un ralentissement au travail et ça me fait du bien. J'en profite pour t'écrire un petit mot. Rien à raconter vraiment, rien d'autre que le boulot, la famille et les amis proches que je garde jalousement.

Ici l'automne bat son plein avec ses merveilleuses couleurs et son air frais et vivifiant que j'aime tant. Le ciel est souvent gris et le temps pluvieux cependant. Je vais bientôt ranger mon vélo avec regrets.

Ce soir, j'écoutais de la musique en faisant un peu de ménage et Damien Rice m'a chanté "The Blower's Daughter". Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à toi et moi sur une terrasse, rue St-Denis avec un pichet de sangria, lorsqu'il entonnait "I can't get my eyes off of you...". On se demandera bien pourquoi!

Je réalise avec le temps les beaux cadeaux que tu m'as fait. Dans mes moments de doutes, lorsque ma foi en moi vacille, je m'appuie sur toi. Mon coeur reste convaincu que si un mec aussi intéressant que toi s'est intéressé à moi, je vaux donc beaucoup. Pour quelqu'un qui a connu une chute au niveau zéro de l'estime de soi à un moment donné, c'est précieux. Cette certitude m'empêche sûrement de faire plein de conneries, ou du moins de laisser le premier venu m'approcher. Comme le chante Céline "Moi je crois toi, toi je te crois" même quand moi je ne me crois pas, ne me crois plus. Y a-t-il plus beau cadeau que d'avoir redonné un tant soit peu, un peu d'amour de soi à quelqu'un? De plus, tu n'as même pas besoin d'être là pour que le cadeau soit. Même si mon reflet dans ton regard et la chaleur de ton sourire sauraient ranimer le chaleur au fond de mon coeur.

Merci.

Je voulais t'écrire un tout petit mot, mais voilà, mes doigts s'agitent sur le clavier en pensant à toi, sans s'arrêter, comme si d'en caresser les touches pour t'écrire des mots était un peu comme te caresser toi, ta peau.

2006.09.03

Passage à vide

Des assiettes empilées sur le bout de la table. Des morceaux de pain doré y gisent, laissés là. Je me retrouve seul face à moi-même. Pourquoi est-ce que je me sens vide?

Fatigué physiquement, la nuit n’ayant apporté qu’un sommeil sans repos, interrompu à maintes reprises. Le lit défait, vestige et témoin de la nuit mouvementée, reflet du sentiment m’habitant. Seulement ma deuxième nuit avec lui. Nous ne sommes pas encore habitués à dormir ensemble. Peut-être ne le deviendrons-nous jamais?

Fatigué émotionnellement, la rencontre ne fut pas à la hauteur de mes attentes. Il m’avait parlé de faire une activité ensemble. Il n’est finalement venu que pour passer la nuit. Il est arrivé tard. Nous avons jasé un peu, regardé un bout de film et sommes allés au lit. Ce matin, petit-déjeuner et hop! Le voilà reparti en moins de deux.

Je reste avec une série de questions sans réponses. Nos rencontres ne sont qu'une suite de points dans le temps et bien que j'essaye de donner une direction à cette série de points, ils ne forment pas de droite dans l'espace, juste une série d'épisodes dans le temps.

Ça fait déjà quelques temps que nous nous sommes rencontré. Je voyais bien que ça ne menait nulle part et j’avais classé la chose comme sans lendemain. Mais il m’est revenu en cette fin d’été en me disant qu’il avait fait plusieurs prises de conscience; qu’il n’était plus au même endroit dans sa tête. Et moi, l’éternel curieux, le romantique fini, j’ai pas pu résister à la tentation d’aller voir si j’y étais. Le cœur plein d’espoirs, la tête remplie d’attentes. Mais voilà, quand on a des attentes, on a souvent les déceptions qui viennent avec.

Je suis un peu à l'envers depuis qu’il est parti. Oh, pas la grosse crise ni un drame. Mon cinéma n’était pas assez avancé pour ça. Juste un malaise, une impression d'avoir fait un peu fausse route. Me voilà donc garé sur le côté de la route, prenant un temps d’arrêt pour me demander : mais au fait, la réalité, elle est où? Entre ce que j'espère, ce que je sens et ce qui est? Les moments passés ensemble, je ne les regrette pas, ils furent tous souhaités et agréables. Je me questionne simplement sur la continuité. Où est-ce que je vais avec ce mec? Où est-ce que je veux aller? Où est-ce que je ne veux pas aller? Est-ce que ça me convient? Qu'est-ce que je donne, qu'est-ce que je prends? Où est-ce que je mets mes limites? Chose qui est toujours difficile à faire pour moi. Et lui? Où va-t-il avec moi? Où est-ce qu’il veut aller? Est-ce que ce que je veux et ce qu’il veut vont de pair?

Quand je lui fais part de mes questions, il fuit, pas moyen d’avoir de réponse, ou si peu. Elles sont vagues, nébuleuses et sans engagement surtout, ses réponses. Il a peur de me faire mal, de me décevoir, de me froisser, dit-il. Il nous voit comme des amis-amants qu’il fini par me lâcher. Il me dit qu’il appréhendait ce moment où je le questionnerais sur notre « relation ».

Parfois c'est difficile d'être lucide… mais souvent, c'est mieux ainsi. Je m'aperçois aussi que de mon côté, il y a des trucs avec lesquels je pensais pourvoir composer et qui, finalement, ne me conviennent pas du tout. Je crois que c'est surtout ça qui me fait de la peine. Je suis déçu de moi. Je réalise que s’il me proclamait son amour, je n’en serais que plus mal à l’aise. La relation n’est pas possible, ni de son côté, ni du mien. J’en reviens à ma première impression : ça ne mènera nulle part cette histoire! Finalement, ce qu’il me révèle me soulage. Savoir qu’il n’espérait pas s’engager me rassure. Je le décevrai moins en étant incapable de le prendre tel qu’il est avec ses limites et ses contradictions. Je vois bien que tant et aussi longtemps que je parviens à ne pas avoir d'attente à son égard, je vais bien et je prends chaque moment passé ensemble comme un cadeau mais que du moment que j'en veux davantage, le moindrement que j'arrête de simplement recevoir et que je commence à demander... ça dérape. Il ne peut pas donner. Pas maintenant, pas comme je le voudrais, probablement jamais. Il est musulman pratiquant et ça amène tout un lot de limites et de différences souvent insurmontables. De plus, il me dit qu’il sort à peine d'une rupture, qu’il n’est donc pas prêt à s'engager dans une nouvelle relation. Il ne serait ni objectif ni sincère. Il se sent vulnérable. Moi aussi je le suis mais moins qu’avant. Je commence à être assez solide sur mes deux pattes pour m’affirmer, pour affirmer que je veux une relation complète et sans retenue, qu’elle soit causée par la religion ou un cœur n’étant pas tout à fait libre ou les deux à la fois. Je recommence à être assez bien dans ma tête et dans mon cœur pour me dire à nouveau qu’une relation est possible, c’est au moins ça de pris!


Come Undone
Duran Duran
The Wedding Album – 1993

Mine, immaculate dream made breath and skin
I've been waiting for you
Signed, with a home tattoo,
Happy birthday to you was created for you

(Can't ever keep from falling apart at the seams
Can't I believe you're taking my heart to pieces)

Oh, it'll take a little time,
might take a little crime
to come undone now

(PRECHORUS)
We'll try to stay blind
to the hope and fear outside
Hey child, stay wilder than the wind
And blow me in to cry

(CHORUS)
Who do you need, who do you love
When you come undone
(repeat)

(Verse 2)
Words, playing me deja vu
Like a radio tune I swear I've heard before
Chill, is it something real
Or the magic I'm feeding off your fingers

(Can't ever keep from falling apart at the seams
Can I believe you're taking my heart to pieces)

Lost, in a snow filled sky, we'll make it alright
To come undone now

2006.08.22

Au risque de ...

Te dire que je m'ennuie de toi serait probablement redondant et probablement un peu trop cliché, un peu exagéré. Disons que ta présence me manque parfois. Je pense souvent à toi.

Au risque d'avoir l'air d'un zézopété*, je dirais que ton énergie me faisait le plus grand bien.

Au risque d'être vulgaire, je dirais que les vagues de souvenirs sensoriels qui me reviennent lorsque je pense à toi sont aussi bon que lorsqu'on digère un bon repas et qu'on trouve que ça goûte encore bon.

Au risque de te plaire, je dirais que j'espère qu'on se reverra dans pas trop long.

Au risque de me taire, je dirai que je ne me suis pas rassasié de tes bras autour de moi.

Au risque de t'"achaler", je te dirais que malgré la chaleur, j'aurais aimé passer une nuit avec toi.

Au risque de te décevoir, je te dirais que j'ai toujours su que notre rencontre n'était que quelques moments privilégiés, volés au temps qui passe et que je n'ai jamais espéré une continuité.

Au risque de te surprendre, je te dirais que je me sens riche d'une nouvelle amitié qui s'est révélée au tournant d'une rencontre étonnante.

--- 

 *zézopété : quelqu'un qui verse tellement dans l'ésotérisme qu'on en vient à douter de sa raison.

2006.08.06

La fête est finie

Voilà... la fête est finie... enfin! Ou presque…

J. repart demain pour la Hollande. Avant-dernière visite estivale pour moi. Il a le coeur lourd, il a trouvé l'amour ici mais il repart au loin. Sentiment qui m'est familier. Les OutGames et le Pride se terminent aujourd'hui. La chaleur tombe le soir, nous laissant dormir en paix la nuit. Le boulot reprend son rythme fou à partir de demain. Et je n'ai plus d'aventures en vue. Fiou! Vivement le retour à la vie "normale"! Pourquoi donc cette mélancolie alors? Peut-être parce que moi aussi, j'aurais bien aimé avoir une main (une en particulier) dans la mienne en me baladant dans les rues aujourd'hui parmi la foule. Hummmm.. mon coeur bat encore... même si ce n'est pas encore pour le bon. J'ai essayé de le blinder mais... j'ai pas réussi au complet. J'ai peur du tonnerre, pourtant sa voix résonne tout autant dans mes oreilles même si elle s'est tue.

 

Dis Tout Sans Rien Dire
Daniel Bélanger – Rêver mieux


podcast

Si jamais on te demande
Où je suis passé
C'est facile, invente
Dis tout sans rien dire
Ou mens sans mentir 

Ne dis surtout pas
Combien j'ai peur
De ces voix dans ma tête
Qui me racontent
Des histoires bizarres
Et très étranges
Je finis par les croire
Et elles me hantent
Du matin au soir
Dis tout sans rien dire
Ou mens sans mentir 

Je fais un rêve
Chaque nuit le même
Et dans ce rêve
Tout est plus réel et plus terrestre
Où je me vois tout en contrôle
Aimer la vie, m'aimer aussi

Si jamais
Tu fais un vœu
Sous une étoile filante
Ferme les paupières
Pense à moi ton frère
Vois comme je suis pauvre
Face à toi, l'âme saine et sauve
Si je suis fou comme je le pense
Reste là à mes cotés
En silence, sans rien dire

2006.08.03

des histoires

Fini les vacances. Retour au boulot. Pas si mal. Le rythme reprend. Le quotidien aussi. Fini les soirées animées. Fini la fête. Retour à la petite vie de tous les jours où on ne peut pas trop en faire car on en fait déjà beaucoup.

Raconter des histoires c'est souvent avoir le don de tourner le plus simple événement en quelque chose d'intéressant. Acheter un muffin le matin peut devenir toute une histoire. Une rencontre, un roman.  Ça dépend de notre capacité à percevoir les choses et à les relater. Ou peut-être simplement, à notre capacité de "dramatiser". La vie est simple mais on se la comlique. On se pose trop de questions. On analyse trop. Les émotions sont trop à fleur de peau, alors on rationalise. On fait des histoires avec des riens juste parce qu'on prend le temps de s'arrêter aux petites choses, aux détails. C'est comme un film sans panoramique, seulement avec des gros plans : ça devient étouffant. Il faut prendre du recul, voir la scène dans son ensemble pour mieux comprendre. Ça peut aller jusqu'à l'arrêt sur image. Pause. Mais si on arrête le film, ça devient une photo. Une photo c'est une image. Une image vaut mille mots. Regard pensif.

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2006.07.29

Flash-back et pizza

Des mots. Une rencontre. Retour en arrière.
Qu’est-ce qui a changé en dix ans
et qu’est-ce qui est resté pareil?
Deux villes, deux provinces, deux pays. 5 000 kilomètres.
Dix ans.
Retour au point de départ. Le point de départ n’est plus là où il était. La planète a tourné. Passez Go, ne réclamez pas 200 dollars, allez directement en prison. Il n’y a pas d’argent à faire là. Les souvenirs défilent à toute allure, comme les cases qu’on passe sans s’y arrêter. On se demande comment on en est rendu là, dans le ici et le maintenant? Quel chemin a été parcouru? L’avant et le maintenant ne devraient pas se côtoyer logiquement, alors comment se fait-il qu’on soit passé de la case « A » à la case « Z » d’un seul coup? « Z », c’est la fin de l’alphabet, mais est-ce la fin maintenant?


« If there's only one day left for you, only one night
Then let it be love. »

 

Une bouche. Un baiser. Geste intime.
Répété à l’extrême, en devient-il public?
Et si on embrassait qu’une fois? Qu’une seule et unique fois?
Imaginez la puissance de ce baiser.

Embrasser mille fois la même personne, embrasser mille personnes une fois, quelle différence? Une ligne en continu, une série de points. Est-ce que le millième baiser d’une des deux situations aurait plus de signification que l’autre? Quel est l’effet de dilution? Est-ce qu’à embrasser la même personne mille fois, on se perd dans une fusion avec cette autre personne? Notre essence se déplace-t-elle?
Est-ce qu’à embrasser mille personnes une fois chacune, on se perd en dispersion? Notre essence s’éparpille-t-elle?
1000 x 1 = on se retrouve en relation.
1 x 1000 = on se retrouve en écho.
Mathématiquement, 1000 x 1 = 1 x 1000. Je doute qu’il en soit de même sentimentalement. Notre essence se transfère-t-elle? Est-ce qu’on y gagne ou on y perd?

 

« Qui trop embrasse mal étreint »
— proverbe du XVème siècle

 

J’en ai marre de toutes mes histoires qui ne mènent à rien.

 

Bouches et chaussures. Doit-on essayer les unes comme on essaye les autres pour réussir à trouver notre pointure? Comment distinguer celles qui font mal aujourd’hui mais seront les plus confortables demain de celles qui feront toujours mal, aujourd’hui et demain? Il y a aussi celles qui semblent bien confortables dès le premier essai mais qui finiront par vous bousiller le pied, la cheville, le genou, le bassin et le dos au complet car leur confort n’est qu’illusoire puisqu’au lieu de vous soutenir, elles vous réconfortent dans de mauvaises postures/habitudes. À quel point peut-on se fier à ses propres sens pour savoir ce qui est bon pour nous?

 

La pizza, usuellement accompagnée de bière, parfois en quantités démesurées, est sensée remplir l’estomac et calmer la faim. Pourtant, il arrive qu’après une gorgée de trop, la dernière bouchée fasse en sorte que l’estomac se vide. La métaphysique des tubes. L’univers ne supporte pas le vide mais l’estomac, lui, ne supporte pas le trop plein. Qu’en est-il du cœur?

 

« … la force d’inertie – la plus forte des forces. La plus paradoxale des forces, aussi : quoi de plus bizarre que cet implacable pouvoir qui émane de ce qui ne bouge pas? »
— Amélie Nothomb

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