2008.06.11

Le bonheur, c'est aussi possible

Un petit mot à ceux qui peut-être passent encore par ici quelques fois par hasard.  Juste pour vous donner de mes nouvelles. En gros, je vais bien. :o)

 

J'ai un nouveau boulot qui me plait bien. C'est pas plus payant que le précédent mais les conditions sont de beaucoup meilleures. C'est aussi moins palpitant, mais c'est un choix que j'ai fait : garder mes palpitations pour ma vie personnelle. Au moins, c'est intéressant et il y a des possibilités d'avancement.

 

J'ai enfin un amoureux. Un jour je vous raconterai notre rencontre. C'est digne d'un film! Ça fait déjà quelques mois que nous nous fréquentons. Ça se passe bien et ça demeure toujours prometteur. Pour ceux qui se posent la question, j'aimerais spécifier qu'il n'est pas séropositif. Eh oui, c'est possible! Lorsque je lui ai révélé mon statut sérologique, ça l'a rendu très mal à l'aise. J'étais le premier séropositif qu'il connaissait directement et en plus, il avait le béguin total pour moi. Nous avons pris le temps de nous apprivoiser. Après maintes sessions de questions-réponses et d'informations glannées ici et là, il a traversé le pont pour franchir la rivière de ses peurs. Peut-être qu'il ne s'agira que d'une histoire d'une saison, ou de celle d'une année ou plus? Qui sait? C'est en le vivant que l'histoire se révélera.

 

J'ai retrouvé ma passion pour la photographie. Plusieurs diront que je ne l'avais jamais perdue. Je dirai simplement que la flamme s'est ravivée de façon spectaculaire. Vive le numérique! C'est fou tout ce qu'on peut faire avec un bon appareil! Ça aussi, je vous le raconterai plus en détails, et possiblement en  images, dans une autre note. Je crois que ça vaut la peine d'être raconté. En passant, un gros merci à Pierre-Yves pour avoir été l'élément déclencheur de cette bouffée de chaleur.

 

Un autre fait digne de mention : Je semble enfin faire la paix avec les fantômes de mon passé. La Vie faisant souvent bien les choses, elle m'a fourni des occasions de fermer plusieurs boucles jusque là laissées ouvertes.

 

Les nouvelles sont bonnes et je souhaitais vous les partager. À bientôt pour plus de détails. 

2007.02.18

Discours de la St-Valentin


Kathy's Song, paroles et musique : Paul Simon (1966)

 

Aujourd’hui j’ai pas de thème. J’ai pas de « t’aime » non plus. Dans le fond, c’est peut-être ça mon thème : ne pas avoir de « t’aime ».

 

J’ai passé la journée à me saouler de télé après avoir passé la nuit à me goinfrer de jeux vidéo stupide sur mon ordi. Le dernier film regardé était « Romance à Manhattan ». D’aucuns diront que c’est un navet. N’empêche que l’amour c’est toujours au goût du jour. J’ai aussi regardé un bout de « The Fifth Element » de Luc Besson, un de mes films fétiches dont ma réplique favorite est « MULTIPASS » dit avec une conviction toute naïve par une Milla Jovovich extra-terrestrifiée. Le coup de grâce fut la chanson finale du film avec Jennifer Lopez : Kathy’s Song de Paul Simon. Cette chanson me fait toujours pleurer pour peu que je l’écoute attentivement. C’est la chanson-phare des amours à distance. Que la distance soit dans l’espace ou le temps, peu importe.

 

Ces jours-ci sont particulièrement difficiles. Je sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. La solitude recommence à me peser à nouveau. Je pleure un amour perdu mais je ne sais même plus lequel. Le soir de la St-Valentin j’ai soupé avec une copine qui me racontait le tiraillement de son cœur entre deux mecs, chacun sur des continents différents, dans des univers quasi-parallèles tellement les lieux sont différents. Comme de raison, l’amour et les relations étaient les sujets de mise pour cette soirée. Je lui ai raconté ma pire St-Valentin : un week-end passé à Québec avec mon homme du moment. Depuis cette fin-de-semaine, Québec fait partie des villes que je n’aime pas. Calgary est une autre de ces villes qui se retrouvent sur ma liste noire. Celle-ci l’est pour avoir engouffré le dernier homme pour qui mon cœur a saigner. Il y a aussi Zurich pour m’avoir fait entendre un mirage. J’ajouterais Toronto, pour m’avoir fermé la porte au nez après m’avoir invité à y habiter. Je disais donc à ma copine, être content d’être célibataire en ce jour des amoureux. Pour moi, cette fête avait majoritairement été la scène de drames conjugaux plutôt que de jouissances amoureuses. Ce jour-là, il y a trop d’attentes, trop de diversité dans l’expression du sentiment amoureux, trop de sensibilités. Ça peut pas faire autrement que de décevoir.

 

Elle disait ne pas avoir cesser d’aimer son ex qui revient, comme une vague, la hanter à heure fixe. Moi aussi je les aime encore tous. Pas de la même façon, pas avec la même intensité, pas pour retourner avec eux, même si certains me troublent encore grandement lorsque je les croise au hasard des chemins. Après tout, « aimer ne se conjugue pas au passé » comme le disait une chanson d’Isabelle Aubret. Je lui disais qu’à chacun de ces hommes, j’ai donné un bout de mon cœur. Si bien qu’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il ne m’en reste plus. Il ne m’en reste plus. Il ne me reste qu’une grande plaie béante. J’ai au moins la mémoire d’avoir aimé. Aimé souvent, passionnément. C’est déjà pas mal. J’essaye de m’en convaincre. 

2006.11.26

Anglais, langue seconde

Ce soir je suis allé voir la projection du film Open Cam au festival image+nation. Un suspens gai, une histoire de meurtre en série sur fond de toile internet. Un vrai navet oui! Les acteurs jouaient mal, le scénario ne tenait pas la route, le son et l’image étaient de qualité suspecte mais surtout inégale. La seule chose que j’aie aimé fut la foule qui fréquente ce genre d’événement.

 

Dans la salle, il y avait un mec qui ressemblait vaguement à mon ami de Rotterdam. En sortant du ciné, j’aurais aimé être avec lui. Il aurait probablement « bitcher » sur le film en faisant des commentaires « nasty ». Il aurait parlé du beau corps de l’acteur principal, il aurait probablement dit que c’était la seule chose qui valait la peine d’être vue. J’aurais ri, il y aurait eu du soleil dans mes yeux.

 

Plein de souvenirs sont remontés à la surface. Je n’avais pas fréquenté ce festival depuis un bout de temps. Ça m’a rappelé mes années en couple parsemées d’activités de ce genre. Dans le temps, mon entourage était plus anglophone. Ça aussi, ça me manque. Les meilleures expériences de ma vie, je les ai vécues en anglais. Je crois, en quelques sortes, que l’anglais est ma langue affective. L’humour n’est pas le même, les relations sont différentes aussi.

 

L’été dernier, quelqu’un qui me faisait remarquer comment il était facilement possible d’être ami avec des gars gais anglos mais ô combien c’était toute une prise de tête d’être en relation amoureuse avec eux. Inversement, il est presqu’impossible d’avoir des amis gais francophones sans tension sexuelle alors qu’en amour, c’est vraiment pas compliqué. Je ne pouvais que corroborer à partir de mes propres expériences. J’imagine que je dois aimer les prises de tête car la majorité de mes petits amis furent anglophones. J’ignore si cette observation sociale ne s’applique qu’au Québec ou si elle dépend vraiment de la langue/culture?

 

Le débat est ouvert.

2006.11.22

Rien

Ce soir, j’ai rien de particulier à raconter. J’ai juste le goût d’écrire, sans avoir de sujet ou de thème, rien.

 

Au boulot je passe d’un rythme fou où je suis en mode réactif à un rythme ultra lent rempli d’expectative en attendant que la prochaine urgence me tombe dessus sans pouvoir m’y préparer outre mesure.

 

Côté social, il ne se passe rien non plus. Boucles d’or se remet d’une méchante gastro qu’elle ne veut surtout pas me refiler. Froufrou ne donne pas de nouvelles, elle doit être débordée par le travail. Dimanche, je me suis permis un RDV internet pour ne pas aller au ciné tout seul. Il ne s’est rien passé avec le monsieur. J’ai même pas eu l’impression de l’intéresser d’aucune façon. Moi j’ai trouvé qu’il avait de beaux yeux. Nous avons été polis. Au moins le film était super bon. PY est sur un horaire de nuit et moi j’ai besoin de dormir presque sans cesse ces nuits-ci. Marco a repris contact dernièrement mais toutes ses histoires de plaisirs charnels me lassent rapidement. Au moins, je suis supposé voir ma Vie samedi. Sœurette joue à l’infirmière à temps plein ces jours-ci mais trouve quand même le temps de me lâcher un coup de fil régulièrement.

 

Physiquement, c’est l’engourdissement total. La névralgie se résorbe, probablement grâce aux petites pilules bleues. Le rhume est passé rapidement mais il m’a laissé les batteries à plat avec l’impression de ne jamais avoir assez dormi. Je ne vais ni bien ni mal. Le contre-coup du relâchement du stress et de l’adrénaline causés par le travail a sûrement quelque chose à voir avec ça.

 

Émotionnellement, c’est aussi le ballottement. Pas de nouvelle de Voix de tonnerre. J’en aurai probablement plus. Le bel arabe n’a pas osé rappliquer après ma dernière réponse cinglante. J’ai l’impression que le tic-tac de mon cœur s’est tu. Je n’ai plus le goût à l’aventure. Je n’y crois plus. Certains disent que dans la vie, nous n’avons qu’un seul grand amour. Peut-être l’ai-je connu et que c’est fini pour moi. Étrangement, ça ne me manque pas tant que ça, quoique j’aimerais bien une épaule sur laquelle poser ma tête et une main dans mes cheveux. Mais je suis fermé comme une huître par les temps qui courent. Craintif et peu avenant.

 

Je me soûle de musique puisque mon foie refuse de traiter l’alcool.

 

 

Ainsi soit je – Mylène Farmer

 

Bulle de chagrin
Boule d´incertitude
Tant de matins
Que rien ne dissimule
Je veux mon hiver
M´endormir loin de tes chimères
Je sais bien que je mens
Je sais bien que j´ai froid dedans

Bulle de chagrin
Boule d´incertitude
De nos destins
Nait que solitude
Tu dis qu´il faut du temps
Qu´aimer n´est pas un jeu d´enfant
Je sais bien que tu mens
Mais je suis si seule à présent

Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit Il
Ainsi moi je
Prie pour que
Tu Fuis mon exil
Mais quel espoir
Pourrais-je avoir
Quand tout est noir?
Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit ma vie
Tant pis.


Bulle de chagrin
Boule d´incertitude
Deux orphelins
Que le temps défigure
Je voudrais mon hiver
M´endormir loin de tes chimères
Tu sais bien que je mens
Tu sais bien que j´ai froid dedans

Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit Il
Ainsi moi je
Prie pour que Tu
Fuis mon exil
Mais quel espoir
Pourrais-je avoir
Quand tout est noir?
Ainsi soit Je
Ainsi soit Tu
Ainsi soit ma vie
Tant pis.

2006.11.12

Dimanche soir

Dimanche soir. Le week-end est déjà presque fini. Il fait nuit déjà même s’il n’est pas si tard. Le moral m’a finalement lâché. Le week-end est passé trop vite, trop seul.

 

Un avion déchire le soir
Emporte quelque chose de moi
Un signal dans ta mémoire
Tourne la page, tourne la page.

 

Pas de nouvelle. Ni du mec avec qui je devais aller prendre un café cet après-midi, ni de celui que ma mémoire ne peut effacer.

 

Un avion déchire le soir
Me laisse derrière, nuit de l'absence
C'est comme un cri de désespoir
Comme le tonnerre dans le silence.

 

Par chance qu’il y a mon chat et mon « sac magique » pour réchauffer mon lit. Mon corps subit une petite tempête, à peine une turbulence. Ma gorge brûle, je suis un peu fiévreux, le médicament contre ma névralgie m’assomme sans pour autant faire cesser la douleur qui me traverse le visage. J’avais pas besoin d’un rhume en plus! Mon moral sombre dans la noirceur du jour pluvieux que quelques films loués n’arrivent pas à ensoleiller. J’aimerais tant entendre le tonnerre de sa voix. Je n’ose pas lui téléphoner. Il n’a que brièvement confirmé la réception de mon dernier message. Je crois qu’il préfère ne pas donner de suite.

 

Un avion déchire le soir
Et laisse des traces d'indifférence
C'est comme un cri de désespoir
Message d'amour à longue distance.

 

Son souvenir, pourtant sans espoir, me donnait du courage. Son silence, me confronte à ma solitude. Je ne peux plus me dire qu’à quelque part, pour quelqu’un, je suis spécial. Il me faut tourner la page, revenir à la réalité, arrêter de rêvasser. Amour à longue distance, il n’y a pas. Pour ce qui est du ici et du maintenant, Blondy n’a pas donner signe de vie non plus. Indifférence? Manque d’intérêt? Chance? Dans le fond, comme je ne suis pas vraiment dans mon assiette, c’est mieux ainsi, non? N’empêche que ça fait du bien, des fois, de rêver un peu.

 

Au moins, il y a les amis qui passent, comme des étoiles filantes, pour éclairer le ciel de leur présence. Je ne pourrai donc pas dire que le week-end est passé en vain et que je n’en ai rien fait. Même si c’est si peu.

 

Tourne la page
René & Nathalie Simard
Paroles et Musique: R.Musumarra, R.Zanelli, JM.Moreau   1987 ©Trema
http://www.bide-et-musique.com/song/1865.html
pour le texte complet.

 

2006.11.03

Running

 

 

Il est tard. Je devrais dormir. Je ne dors pas. Cette chanson, déjà troublante dans sa version originale (interprétée par Kate Bush), rendue avec tellement plus d’émotions dans cette reprise de Placebo, me hante. Me garde éveillé. Je l’ai entendu au hasard d’une émission de télévision. C’est mon côté compulsif. Il me fallait cette chanson. Me voilà qui achète la version originale et cette nouvelle version grâce à l’internet. Elle fait monter une vague cruelle d’émotions que je ne comprends pas. J’ai beau lire les paroles, rien ou presque. Le rythme répétitif, ce sentiment d’urgence, de douleur, de frayeur, de déchirement, tous ces éléments me touchent.

 

« I’d make a deal with God and I’d make him to swap our places. »

 

Je me suis déjà trouvé dans une situation où j’ai voulu marchander avec Dieu, lui demandé d’échanger ma place pour celle d’un autre. Plus précisément, je voulais donner ma vie pour que celle d’un autre soit épargnée. C’est la dernière fois que j’ai aimé. Cette relation m’a définitivement brisé le cœur. Il m’a abandonné et trahi. M’a-t-il aimé? Il a dit avoir été déchiré lui aussi par notre séparation. Nous ne réagissons pas tous de la même façon. Nous n’avons pas tous la même capacité de passer à autre chose et de laisser le passé derrière. Il a continué sa route. Je n’étais pas sur ce chemin-là. Nos routes se sont croisées, chevauchées, pendant seulement quelques temps, quelques battements de cœurs. Trop fort, les battements de cœurs. Trop d’émotions. Trop de non-dits. Trop de murs intérieurs. Trop de secrets. Trop de renoncements. Trop. Juste trop. Trop court, le temps ensemble. Trop loin, la distance nous séparant. Trop violents, les sentiments. Trop important, mon secret. Trop forte, son ambition.

 

« Unaware I’m tearing you asunder. Ooh, there is thunder in our hearts. Is there so much hate for the ones we love? Tell me, we both matter, don’t we?  ».

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Cette semaine, j’ai recommencé à souffrir de névralgie post-herpétique. Ma troisième crise en autant d’années. Ça fait très mal. Surtout le soir, lorsque je suis fatigué. Le contact de mon visage contre l’oreiller m’envoie des décharges électriques en plein visage. Je n’ai pas d’éruptions cutanées, juste la névralgie. En plein visage. Ça me traverse le côté droit du visage, formant un arc de ma narine au milieu de mon crâne dans les pires cas. La plupart du temps, ce n’est qu’une partie de cet arc qui se manifeste. Habituellement, ce sont les personnes de plus de 60 ans qui souffrent de cette affliction. Mais les personnes atteintes du VIH sont aussi une population à risque. Aucun traitement efficace connu ou si peu. Peut mener à la cécité ou une paralysie de la région atteinte dans les cas extrêmes. Rien de rassurant.

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Mon bel arabe m’a téléphoné dernièrement. Il veut me revoir ou du moins récupérer le vêtement laissé chez moi dans sa hâte de me quitter lors de sa dernière visite. Je suis déchiré entre mon désir de le revoir, ma conscience que ça risque de me chavirer pour rien, le cynisme que j’éprouve face à son incapacité de se positionner clairement face à moi et l’impression d’être utilisé, n’existant que lorsqu’il a le goût de me voir.

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Je m’inquiète de mon cœur meurtri trop souvent. Peut-être que c’est pour ça qu’il est en panne? À force de me le faire casser, j’ai peur qu’il ne fonctionne plus correctement. D’où mes mots de consolation à chaque fois que je m’aperçois qu’il bat encore aux détours d’une rencontre. « Ouf! Ok.. le tic-tac est encore là. ». Est-ce que ça se peut un cœur qui arrête?

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La réalité et le virtuel. Un sujet relationnel des plus intéressants. Je décroche de plus en plus de l’Internet comme moyen de rencontre. Haut-le-cœur. Je n’y crois plus à cette traversée du miroir où le reflet de l’autre, qui n’est finalement que beaucoup de nous-même, traverse le gouffre séparant le virtuel du réel. Cheminement dans la bonne direction. Parcours encore incomplet. Je décroche du virtuel en m’ancrant de plus en plus dans le réel. Mais je m’accroche encore les pieds dans le tapis du réel, y perd mon équilibre. Ma main cherche un appui mais ne rencontre que le vide. Du coup, la réalité me semble tout aussi intangible que l’illusion du virtuel. Quelques pas encore et peut-être y aura-t-il matérialisation?


Running up that hill
Kate Bush

If I only could, I’d be running up that hill.
If I only could, I’d be running up that hill.

It doesn’t hurt me.
Do you want to feel how it feels?
Do you want to know that it doesn’t hurt me?
Do you want to hear about the deal that I’m making?
You, it’s you and me.

And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
Be running up that building.
If I only could, oh...

You don’t want to hurt me,
But see how deep the bullet lies.
Unaware I’m tearing you asunder.
Ooh, there is thunder in our hearts.

Is there so much hate for the ones we love?
Tell me, we both matter, don’t we?
You, it’s you and me.
It’s you and me won’t be unhappy.

And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
Be running up that building,
Say, if I only could, oh...

You,
It’s you and me,
It’s you and me won’t be unhappy.

C’mon, baby, c’mon darling,
Let me steal this moment from you now.
C’mon, angel, c’mon, c’mon, darling,
Let’s exchange the experience, oh...

And if I only could,
I’d make a deal with God,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.

And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.

And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.

If I only could
Be running up that hill
With no problems...

If I only could, I’d be running up that hill.
If I only could, I’d be running up that hill.

 

2006.10.29

Immobilité

Le temps passe. La vie continue son chemin. Parfois, j’ai l’impression d’avoir été oublié sur une tablette. Des fois, ça fait mon affaire. Des fois, ça me décourage. Des fois, ça m’enrage.

 

Hier soir, je suis allé à une fête d’Halloween chez un ami. Au fait, c’est un de mes ex-chum. Pendant la soirée, nous avons réalisé que ça faisait 10 ans que nous nous étions rencontré. Octobre 1996. Ça me semble une éternité. Il s’est passé tant de choses depuis. Nous étions un couple quand j’ai appris ma séropositivité. Il est encore séronégatif. Nous avons gardé contact sans devenir les meilleurs potes du monde. C’est le seul de mes ex avec qui j’ai gardé une forme de lien.

 

10 ans plus tard. Il s’est passé beaucoup de choses et pourtant, si peu ont changé. Certains copains qui étaient de son entourage lorsque nous nous fréquentions en sont encore et étaient présents. Nous nous sommes remémorer des moments marquants vécus ensemble. Puis nous avons échangé sur nos expériences depuis notre séparation. Depuis qu’il m’a laissé, deux autres relations ont croisé ma route. Les deux de courtes durées : trois et huit mois. La dernière s’est terminée à l’automne 2001. Ça fait cinq ans ferme. Depuis, c’est le désert. À peine quelques rares rencontres sans suite.

 

Les gens me demandent souvent comment ça se fait qu’un gars aussi gentil, intelligent, charmant et plutôt beau bonhomme comme moi reste sans partenaire si longtemps. Je me fais souvent taquiner en me faisant dire que je suis trop difficile. Je réponds souvent vaguement que pour quelques une de ces années, j’avais d’autres chats à fouetter, que je n’étais pas disponible pour une relation. Ensuite, le prince charmant ne s’est juste pas montré le bout du nez. Il faut bien répondre quelque chose, non?

 

En mon for intérieur, je crie, je hurle : « Le VIH a complètement foutu ma vie en l’air! » Plus rien n’est pareil depuis. Cette maladie fait peur, fait fuir. Les partenaires potentiels ont peur de l’attraper ou peur de s’amouracher à moi et d’avoir à me voir dépérir ensuite. À la limite, peur de m’accompagner dans le dernier voyage. Mais au-delà des autres, au-delà d’eux, il y a moi. J’ai fait une dépression majeure. J’ai perdu mon assurance, celle qui faisait tourner les têtes. J’ai perdu confiance en moi, celle qui rayonnait et attirait. J’ai perdu la santé, celle qui permettait de faire des projets et qui me donnait l’énergie de faire plein de trucs. J’ai perdu mon emploi, celui qui m’élevait socialement. Il y a moi qui n’est plus le même. Mais ça, je ne peux pas le dire à tout le monde.

 

Avec le temps, la dépression s’éloigne pour devenir un mauvais souvenir plutôt qu’une réalité. En lien direct, la confiance et l’assurance reviennent petit à petit. La santé reste un deuil à faire mais je relativise beaucoup et le paysage prend de plus en plus de perspective. J’apprécie mon emploi actuel en trouvant qu’il est beaucoup plus en accord avec ce que je suis. Et la liste continue. C’est un long processus, très long parce que très lent. Il faut être patient, avec soi plus que tout. Mais la patience, c’est pas vraiment mon fort. J’apprends.

 

La compagne de mon frère a donné naissance à une petite fille cette semaine. La vie n’arrête pas. Ils projettent de se marier l’été prochain. Mon frère nage en plein bonheur. Il a rencontré « la bonne » et il réalise ses rêves, un après l’autre. Je suis heureux pour lui mais ça met en relief mon impression de seulement survivre, que rien ne bouge pour moi. J’apprends la patience et je ronge mon frein en espérant qu’il lâche et que les choses se mettent en branle dans une direction plus clémente. Mais j’ai peur de ne pas pouvoir suivre une trop grande accélération. Alors je ronge lentement, changeant les choses lentement, laissant au temps le temps de faire son œuvre, en me disant que le moment venu, les choses changeront si elles doivent changer. Sagesse? Patience? Lâcher-prise? Résignation? Abandon? Je ne sais pas. Peut-être que je me bats trop? Peut-être pas assez? Suis-je courageux ou lâche? L’immobilité est parfois rassurante même si elle est aussi frustrante.

 

Stones taught me to fly
Love taught me to lie
Life taught me to die
So it's not hard to fall
When you float like a cannonball

Stones taught me to fly
Love taught me to cry
So come on courage!
Teach me to be shy

-Damien Rice (Cannonball)

2006.10.14

Anniversaires

Drôle de journée que celle d’aujourd’hui. D’abord, c’est mon anniversaire de naissance. À la blague, je dis que c’est ma dernière année avant ma date d’expiration. J’ai toujours entendu dire que les hommes gays « expirent » à 40 ans; passé cet anniversaire fatidique, ils ne sont plus viables sur le marché de la séduction. Paraîtrait que mes données sont fausses ou dépassées. Semblerait que maintenant, c’est passé les 25 chandelles qu’on est une vielle croûte. Aille! Autre anniversaire qui malheureusement se superpose au premier depuis maintenant huit ans : celui de mon diagnostic de séropositivité. Disons que pendant les premières années, l’annonce terrible occultait complètement le premier anniversaire. La mort prenait la place de la vie. Du moins métaphoriquement. J’aurais voulu faire dramatique pour un roman que j’aurais pas trouvé mieux pour illustrer ce combat interne. L’anniversaire de l’annonce d’une possibilité de mort prématurée le jour où habituellement, on célèbre mon entrée dans la vie. Heureusement, la vapeur s’est renversée avec le temps. Maintenant, je célèbre la danse de la vie avec la mort, n’est-ce pas le lot de chaque être vivant? La première étape vers la mort est la naissance, n’est-ce pas? Puisque tout le monde du vivant fait partie de cette danse entre le clair et l’obscur, quelle différence y a-t-il? Aucune, fondamentalement, sinon que j’en perçois l’intensité de façon accrue, que ma perception est maintenant peinte selon la technique du chiaroscuro.

Pas de grosse fête pour cet anniversaire. Je suis resté à la maison à recevoir les appels de la famille et des amis qui me souhaitaient à tour de rôle leurs vœux chaleureux. Je ne suis pas encore rendu à aller vers les gens mais, au moins, je fais preuve d’une ouverture là où j’étais refermé sur moi-même comme une huître auparavant. Ce soir, petit souper tranquille en tête-à-tête avec ma très bonne amie F. qui m’a fait mon plat favori. Ensuite nous sommes allé à la Place-des-Arts voir Kagemi – Par-delà les métaphores du mirroir, un spectacle de danse contemporaine de la compagnie japonaise Sankai Juku. Selon le programme,

Kage dans Kagemi est « l’ombre ».
À la fois jeu de lumière, du clair à l’obscur,
et reflet se découpant dans le miroir,
à la surface de l’eau,
mi est « voir ».
Kage-mi aurait donné kagemi « miroir ».

Ô combien à propos! Malheureusement, je n’ai pas été capable d’apprécier le spectacle à sa juste valeur. Je n’y vois que le travail. Pas la beauté poétique de ces images vaporeuses, pas la beauté de ces gestes si précis créant des formes organiques, pas la sagesse du yin et du yang qui se parlent, se questionnent, se répondent, se fusionnent, pas le calme de ce paysage humain très zen. La seule chose à laquelle j’arrive à penser c’est que c’est bien différent de ce qui se fait ici à tous les niveaux : le rythme, la gestuelle, les costumes, les maquillages, même la musique qui ne subit pas le même traitement. Bien sûr, il y a des ressemblances, par moments, avec ce que je connais; après tout, nous sommes à l’ère de la mondialisation! Mais le tout m’apparaît foncièrement étranger. Peut-être est-ce le rythme si lent de cette danse inspirée du butô qui est si étranger au rythme effréné que je connais au travail depuis un temps, qui fait que je ne comprends rien? Mon horloge interne n’arrive pas à ce mettre au diapason avec celui du spectacle auquel j’assiste. Puis il y a la dame d’à-côté qui empeste le parfum à rendre l’air irrespirable dans un rayon de quelques mètres. J’étouffe. Je manque d’air. Je manque de vie. Ma vie se résume à mon travail, à ma survie. Est-ce que je manque ma vie?


Je ne peux m’empêcher de passer en revue le chemin parcouru depuis les huit dernières années. J’ai l’impression d’une quasi-décennie en mode de survie. Un combat pour simplement rester vivant. Le monsieur est fatigué, il aimerait bien que la vie lui offre une petite pause. F. a écrit dans ma carte qu’elle m’a vu grandir comme une plante et même qu’elle me voit en train de me transformer en fleur. C’est vrai que la vie se manifeste parfois de façon surprenante. Une minuscule graine peut donner une fleur aussi majestueuse et démesurée qu’un tournesol. Qui sait ce qui sortira au bout de mon chemin vers l’extérieur de ma coquille? M’épanouirai-je un jour assez pour être capable de suivre la course du soleil?

2006.08.16

Crack of dawn

Ce matin, je me suis réveillé tôt. Trop tôt. Insomnie? Indigestion? Stress? Pillules? Que sais-je? Le soleil n’était pas levé encore mais pointait déjà à l’horizon. « The crack of dawn » dit-on en anglais. Tourne et retourne dans mon lit pour quelques instants. Le corps en sueurs. Après quarante-cinq minutes, je n’y tiens plus : le sommeil est complètement parti. Et non seulement j’ai plus sommeil mais j’ai la bougeotte. Je fais ni un ni deux, je chausse mes espadrilles, mets mon short de sport, me fous un bandeau sur la tête pour dissimuler ma merveilleuse coiffure matinale et me voilà parti. Puisque la sueur veut sortir, pourquoi ne pas l'aider? Un soir, j’ai écrit une note qui s’intitulait « La nuit, les parcs, c’est triste », ce matin, je vous dirais qu’à l’aube, les parcs révèlent tous les possibles. Le soleil qui se lève et illumine le ciel me donne de l’énergie, de l’espoir, le goût de combattre, de continuer, d’aller plus loin, etc. Encore une fois, je vis cette réalité. L'aube me vivifie. Étrange pour un loir comme moi qui aime traîner au lit.

Alors me voilà shorts et baskets galopant en faisant le tour de mon parc en cet aube naissante. Je m’imagine en « Nate Fisher » de la série « Six Feet Under » faisant son jogging. Bon ok, je ne suis pas aussi sexy, mais… on peut bien rêver, non? Après tout c’est encore un peu la nuit. Je me secoue les bras, le corps. La respiration se fait plus active. L’air remplit mes poumons. Ça me fait du bien.

Le boulot recommence à ne pas être jojo, la tension monte, mes collègues partent les uns après les autres, parfois en déserteurs, parfois en blessés de guerre. Quoiqu'il en soit, c'est le branle-bat de combat! J’ai le goût de partir moi aussi. De plus en plus. La motivation n’y est plus. J’ai p’us le goût de cette course folle qui ne mène nulle part. Je sens que le bateau coule et je ne veux pas couler avec. Non merci! J’ai déjà coulé avec mon propre navire et je recommence à peine à m’en remettre, je n’irai quand même pas me foutre à l’eau pour un organisme qui n’est même pas vivant!

Il faut bouger. Mais la recherche d’emploi, ça n’a jamais été mon fort. J’ai besoin de changement dans ma vie. Cet été, j’ai croisé plein de gens qui venaient d’ailleurs. Ça me donne le goût d’aller voir ailleurs moi-même, ne serait-ce que pour voir si j’y suis. Pour me retrouver peut-être? Je pense à peut-être changer de carrière, encore une fois. Mais retourner sur les bancs d'école... Hummmm... c'est un pensez-y bien! Y'en a marre.

      L’enseignement. Tu y a déjà penser? me demandait M.-L. hier soir, pendant notre souper sur la magnifique terrasse du Santropol.

Aille! Il n’y a pas que les moustiques qui piquent!

      Oui.. j’y ai déjà songé.

      Quelque chose comme le français, ça te permettrait même de travailler ailleurs. J’ai entendu dire que les écoles de Toronto recrutent les étudiants dès leur deuxième année. Je sais pas ce qui en est de Vancouver dont tu rêves depuis si longtemps, mais… peut-être?

      En plus, j’aurais encore mes étés en vacances.

      Probablement le double de ton salaire aussi! Et des avantages sociaux intéressants.

      Mais quitter Montréal?

      Tu y reviendras, c’est certain, tes racines sont enfouies trop profondément ici.

Voilà de quoi réveiller un dormeur!

2006.08.09

le jet-set de divan

J'ai beau dire que la fête est finie, la vie semble vouloir la continuer avec ou sans moi.

Ce soir, j'ai soupé avec une copine qui revient d'un séjour de deux mois et demi au Burkina Faso en mission humanitaire. Elle m'a montré plein d'images et raconté plein d'histoires. Ce fut le genre d'expérience qui change une vie, ou du moins, la vision qu'on en a. J'ai été ému d'entendre son expérience, les rencontres qu'elle a fait et comment elle se retrouve changée.

Revenu chez moi, le téléphone a sonné. Ma copine qui revient d'un voyage de 6 semaines, principalement en Allemagne mais aussi à Rome et à Copenhague . Nous nous sommes raconté nos étés. Moi à Montréal, elle en Europe. Elle vient d'Allemagne et est installée au Canada depuis plus de dix ans. Je l'ai rencontré au travail lorsqu'elle venait à peine d'arriver au pays. Je fus un de ses premiers amis ici. Elle m'a déjà dit que j'avais grandement contribué à ce qu'elle reste car je suis arrivé à un moment où elle avait besoin d'amis pour s'ancrer dans sa terre d'adoption. L'idée d'avoir joué un rôle important dans la vie de quelqu'un m'a toujours plue. Maintenant elle est mariée et mère de deux enfants, elle habite en région et je ne la vois plus très souvent, mais on garde encore le contact.

Après un été à fréquenté des gens de Zurich, de Rotterdam et autres grands voyageurs, comme mon amie V. qui revient tout juste de France, où elle a pris mari mais pas pays, je me trouve pas mal jet-set. C'est étrange comment je suis entouré de gens qui viennent et vont ailleurs alors que moi je suis très bien vautré dans mon divan. J'ai toujours dit que je voyageais par le biais des personnes que je croise.

Un jour à philosopher sur une autoroute californienne avec mon ami vietnamien K., je lui demandais pourquoi, selon lui, j'attirais et étais ainsi attiré par les gens d'ailleurs? Il m'a dit que j'étais quelqu'un de profondément enraciné qui rassurait les voyageurs en mal de permanence. Alors que moi, j'aime rêver des cieux que leurs yeux ont vus. Quelle sagesse! C'est ce qui m'a attiré chez lui et qui a fait que je veuille qu'on devienne amis.

Éloge aux amitiés enrichissantes. 

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