2008.03.17
Les fantômes existent
Uninvited, Alanis Morissette
Les fantômes existent.
Ils ne font pas qu'hanter la mémoire.
Parfois ils surgissent du passé et nous confrontent dans le présent.
Que faire lorsqu'un fantôme nous apparait?
Faut-il l'ignorer, faire comme s'il n'était pas là?
Doit-on lui adresser la parole? Si oui, pour lui dire quoi?
Vendredi dernier, Party Poz avec les potes.
Soudain, sur le plancher de danse, il était là.
Je ne l'avais pas vu depuis qu'il m'avait dit avoir besoin d'une pause pour mettre de l'ordre dans ses idées et ses sentiments à mon égard. J'avais été pris par surprise cette fois là aussi. Il est parti comme ça, en me laissant ses clefs, comme s'il allait revenir. Il n'est jamais revenu. Malgré moi, j'avais osé espérer qu'il reviendrait. Je savais que j'entretenais une illusion. Il n'a même pas eu la décence de me rappeler pour me dire qu'au fait, bien qu'il l'ait nié lors de son départ, sa décision était déjà prise. Le billet n'était qu'un aller simple. J'ai dû le forcer à admettre ma défaite.
Vendredi dernier, le souffle m'a coupé.
Un tourbillon d'émotions m'a pris au dépourvu, me faisant perdre l'équilibre.
Ça n'a duré qu'un moment.
En trame sonore à cette scène de réalité (et non pas celle d'un film), la musique du DJ soulignait merveilleusement mon état d'esprit. Je me sentais envahi, il n'avait pas d'affaire à être là, Uninvited. Fasciné, oui, je l'étais. Bienvenu, non, il ne l'était pas. La pièce musicale suivante, The World is Mine, continuait de me guider. J'étais à ma place, lui, beaucoup moins. J'étais entouré de mes amis. Le groupe prévaut sur l'individu. J'étais bien entouré. Il était seul.
J'ai fini par aller lui dire bonsoir et jaser avec lui. Mes mains voulaient le toucher partout, reprendre le contact. Ma bouche voulait la sienne. Pourtant.... Nous n'étions plus dans le même "espace émotif". Nous n'étions plus un, nous étions vraiment deux. Au fil de la conversation, je me suis rendu compte à quel point nous étions différents. Comment, finalement, peu de choses nous liaient encore, ne nous avaient, au fait, jamais liés. C'est à se demander ce qui nous avait uni? Je l'avais laissé entrer dans mon coeur, lui jamais.
Je l'ai quitté sur un coin de rue. Il continuait sa soirée dans un autre bar, sur une autre piste de danse, avec d'autres mecs. Je rentrais chez moi, seul. Les amis avaient, eux aussi, continué la soirée ailleurs. Moi je devais être en forme le lendemain et ne pouvais pas continuer la fête. De toutes façons, je n'avais plus l'esprit à la fête.
Je n'ai pas menti en lui disant que j'étais content de l'avoir revu. Ça m'a permis de fermer cette parenthèse qu'il avait ouverte en entrant dans ma vie comme un coup de vent et qui était restée ouverte, battant au vent de son départ soudain.
Les fantômes existent.
On ne doit pas les ignorer, s'ils sont là, c'est pour une raison.
Il ne faut pas regarder ailleurs. Il faut leur parler, leur dire qu'ils appartiennent au passé, et qu'ils n'ont pas lieu d'être dans le présent, dans notre présent. Du moins, pas sous la même forme qu'ils avaient de leur "vivant". On peut les inviter à nous quitter s'ils nous dérangent.
00:35 Publié dans Le coeur, Les relations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fantômes, passé, rencontres
2007.08.17
Free Hugs
11:50 Publié dans Les relations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
2007.04.09
Course folle
La lune et le soleil font une ronde autour de la terre. La lune reflète la lumière du soleil donnant souvent l’impression d’être elle-même lumineuse. Parfois, il arrive que la terre se mette en travers des deux astres coupant ainsi le lien qui les unit. La lune devient alors l’astre sombre qu’elle est vraiment et montre ses cratères les plus laids. Les cratères sont les vestiges d’impacts multiples reçus depuis avant le temps. Il faut aussi se rappeler que bien que la lune ait besoin du soleil pour briller, celui-ci a besoin de la lune pour voir sa propre lumière. La lune est peut-être un ancien soleil qui a déjà brillé de mille feux et le soleil est peut-être une lune en devenir. C’est le grand cercle de la vie qui tourne. La bonne nouvelle c’est que les éclipses ne durent jamais bien longtemps. Le lien qui unit soleil et lune n’est habituellement rompu que pour un laps de temps très court par la réalité massive de la terre. Celle-ci en vient toujours à passer. Tout n’est qu’une question de temps.
09:00 Publié dans Les relations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lune, soleil, eclipses, lumière, reflets
2007.02.18
Discours de la St-Valentin
Kathy's Song, paroles et musique : Paul Simon (1966)
Aujourd’hui j’ai pas de thème. J’ai pas de « t’aime » non plus. Dans le fond, c’est peut-être ça mon thème : ne pas avoir de « t’aime ».
J’ai passé la journée à me saouler de télé après avoir passé la nuit à me goinfrer de jeux vidéo stupide sur mon ordi. Le dernier film regardé était « Romance à Manhattan ». D’aucuns diront que c’est un navet. N’empêche que l’amour c’est toujours au goût du jour. J’ai aussi regardé un bout de « The Fifth Element » de Luc Besson, un de mes films fétiches dont ma réplique favorite est « MULTIPASS » dit avec une conviction toute naïve par une Milla Jovovich extra-terrestrifiée. Le coup de grâce fut la chanson finale du film avec Jennifer Lopez : Kathy’s Song de Paul Simon. Cette chanson me fait toujours pleurer pour peu que je l’écoute attentivement. C’est la chanson-phare des amours à distance. Que la distance soit dans l’espace ou le temps, peu importe.
Ces jours-ci sont particulièrement difficiles. Je sais pas pourquoi, mais c’est comme ça. La solitude recommence à me peser à nouveau. Je pleure un amour perdu mais je ne sais même plus lequel. Le soir de la St-Valentin j’ai soupé avec une copine qui me racontait le tiraillement de son cœur entre deux mecs, chacun sur des continents différents, dans des univers quasi-parallèles tellement les lieux sont différents. Comme de raison, l’amour et les relations étaient les sujets de mise pour cette soirée. Je lui ai raconté ma pire St-Valentin : un week-end passé à Québec avec mon homme du moment. Depuis cette fin-de-semaine, Québec fait partie des villes que je n’aime pas. Calgary est une autre de ces villes qui se retrouvent sur ma liste noire. Celle-ci l’est pour avoir engouffré le dernier homme pour qui mon cœur a saigner. Il y a aussi Zurich pour m’avoir fait entendre un mirage. J’ajouterais Toronto, pour m’avoir fermé la porte au nez après m’avoir invité à y habiter. Je disais donc à ma copine, être content d’être célibataire en ce jour des amoureux. Pour moi, cette fête avait majoritairement été la scène de drames conjugaux plutôt que de jouissances amoureuses. Ce jour-là, il y a trop d’attentes, trop de diversité dans l’expression du sentiment amoureux, trop de sensibilités. Ça peut pas faire autrement que de décevoir.
Elle disait ne pas avoir cesser d’aimer son ex qui revient, comme une vague, la hanter à heure fixe. Moi aussi je les aime encore tous. Pas de la même façon, pas avec la même intensité, pas pour retourner avec eux, même si certains me troublent encore grandement lorsque je les croise au hasard des chemins. Après tout, « aimer ne se conjugue pas au passé » comme le disait une chanson d’Isabelle Aubret. Je lui disais qu’à chacun de ces hommes, j’ai donné un bout de mon cœur. Si bien qu’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il ne m’en reste plus. Il ne m’en reste plus. Il ne me reste qu’une grande plaie béante. J’ai au moins la mémoire d’avoir aimé. Aimé souvent, passionnément. C’est déjà pas mal. J’essaye de m’en convaincre.
01:12 Publié dans Le coeur, Le quotidien, Les relations | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : St-Valentin, Villes, Amours, Québec, Zurich, Toronto, Calgary
2007.01.27
Boucles d'Or
Il était une fois, voilà pas si longtemps, dans un pays pas si lointain,
l’histoire d’un voyage intérieur, d’un long chemin.
Un poupon
au nez rose et en bouton.
Laissé tout seul dans la forêt,
comme on oublie un paquet
sur le quai d’une gare,
en prenant le train qui part.
Laissé sur le bord d’une rivière,
par une mère et un père,
pour qui ce petit cœur battant,
pour qui ce nouvel enfant,
n’étaient pas tout à fait prêts.
Dans la forêt, on le sait,
rôdent toutes sortes d’animaux,
certains laids, certains beaux,
certains, doux et bien enclins,
d’autres féroces ou hautains.
Le destin voulu qu’un loup entendit,
l’enfant qui poussait des cris.
Les incessants pleurs,
ne lui firent pas peur.
Bien au contraire,
s’approcha pour les faire taire
avec un coup de langue chaude et douce
lécha la petite crinière or et rousse.
Le temps passa et la crinière blondit.
Les années virent l’enfant qui grandit,
l’or des boucles prenant le pas sur le roux.
Avec de grands méchants loups,
il lui semblait normal de s’acoquiner,
après tout, ils l’avaient adoptée!
Pourtant, en essayant en vain,
de faire comme les siens,
se blessait en tentant de courir sur ses genoux.
L’enfant ne savait pas qu’il n’était pas loup.
À l’orée du jour et d’une clairière,
l’enfant vit son reflet dans l’eau d’une rivière.
Pas de pattes griffues, pas de museau,
voilà l’enfant qui tombe de haut.
Une tignasse de boucles dorées,
comme les champs de blé,
révélée par la lumière,
révélée par la même rivière,
qui l’avait vue dans la forêt entrer
par des loups accompagnée.
Se reconnaissant fille d’Ève,
la réflexion fut brève.
Éclairée par cette nouvelle lumière,
elle décida de ne pas revenir en arrière.
Petite Marie n’était pas de la famille des loups.
Elle regarda devant et se mit à marcher debout.
Quittant la forêt sombre qui l’avait accueillie,
à la découverte du monde des hommes, elle partit.
Comme la Boucles d’Or du conte pour enfants,
elle doit essayer parfois trop petit, parfois trop grand,
pour trouver, chemin faisant, ce qui lui convient,
ce qui, éventuellement, elle pourra faire sien.
Le conte parle d’ours : papa, maman et petit.
Les ours sont souvent grognons, pas toujours gentils,
parfois même, peu portés à la compagnie des femmes.
Dans cette nouvelle aventure qu’elle entame,
Boucles d’Or se sentait bien seule.
Sa bouche n’a jamais été gueule.
Son passé trouble, elle tente de l’oublier,
ne connaissant que la vie en meute regroupée,
elle cherche un complice avec qui être câline.
Souvent, amicalement, un ours la taquine.
Pas aussi bourru qu’elle l’avait d’abord cru,
elle découvre un compagnon de voyage, émue.
Sensible, il ne se laisse apprivoiser qu’avec méfiance.
Elle doit être patiente pour gagner sa confiance.
Un jour qu’elle se risquait sur un terrain miné,
elle fit une bourde sans même le réaliser.
Lorsqu’elle toucha à son bol, il montra les dents.
Blessé, il prit ses distances pour un temps.
Le malaise les partagea et ils entendirent le silence.
La maladresse est bien peu de chose dans la balance.
Leurs cœurs, comme des fleurs,
au contact des intentions les meilleures,
ne pouvaient faire autrement que de s’ouvrir.
L’amitié est là pour rester avec plaisir.
Il n’y a, finalement, rien de louche
que d’un commun accord, gueule et bouche
grande et petite, ensemble se sourient.
N’y a-t-il rien de mieux qu’un véritable ami?
Fille d’Ève sur la route des hommes,
parfois les croquant comme autant de pommes,
Boucles d’Or poursuit sa quête, son chemin,
lune et soleil alternant au fil des lendemains
en sachant très bien que partout et en tout temps,
l’amitié sincère de cet ours, somme toute charmant
sans l’ombre d’un possible tort
l’accompagnera jusqu’à l’aurore.
20:45 Publié dans Les relations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : conte, Boucles d'Or, amitié
2006.11.26
Anglais, langue seconde
Ce soir je suis allé voir la projection du film Open Cam au festival image+nation. Un suspens gai, une histoire de meurtre en série sur fond de toile internet. Un vrai navet oui! Les acteurs jouaient mal, le scénario ne tenait pas la route, le son et l’image étaient de qualité suspecte mais surtout inégale. La seule chose que j’aie aimé fut la foule qui fréquente ce genre d’événement.
Dans la salle, il y avait un mec qui ressemblait vaguement à mon ami de Rotterdam. En sortant du ciné, j’aurais aimé être avec lui. Il aurait probablement « bitcher » sur le film en faisant des commentaires « nasty ». Il aurait parlé du beau corps de l’acteur principal, il aurait probablement dit que c’était la seule chose qui valait la peine d’être vue. J’aurais ri, il y aurait eu du soleil dans mes yeux.
Plein de souvenirs sont remontés à la surface. Je n’avais pas fréquenté ce festival depuis un bout de temps. Ça m’a rappelé mes années en couple parsemées d’activités de ce genre. Dans le temps, mon entourage était plus anglophone. Ça aussi, ça me manque. Les meilleures expériences de ma vie, je les ai vécues en anglais. Je crois, en quelques sortes, que l’anglais est ma langue affective. L’humour n’est pas le même, les relations sont différentes aussi.
L’été dernier, quelqu’un qui me faisait remarquer comment il était facilement possible d’être ami avec des gars gais anglos mais ô combien c’était toute une prise de tête d’être en relation amoureuse avec eux. Inversement, il est presqu’impossible d’avoir des amis gais francophones sans tension sexuelle alors qu’en amour, c’est vraiment pas compliqué. Je ne pouvais que corroborer à partir de mes propres expériences. J’imagine que je dois aimer les prises de tête car la majorité de mes petits amis furent anglophones. J’ignore si cette observation sociale ne s’applique qu’au Québec ou si elle dépend vraiment de la langue/culture?
Le débat est ouvert.
02:45 Publié dans Le quotidien, Les relations | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
2006.11.12
Dimanche soir
Dimanche soir. Le week-end est déjà presque fini. Il fait nuit déjà même s’il n’est pas si tard. Le moral m’a finalement lâché. Le week-end est passé trop vite, trop seul.
Un avion déchire le soir
Emporte quelque chose de moi
Un signal dans ta mémoire
Tourne la page, tourne la page.
Pas de nouvelle. Ni du mec avec qui je devais aller prendre un café cet après-midi, ni de celui que ma mémoire ne peut effacer.
Un avion déchire le soir
Me laisse derrière, nuit de l'absence
C'est comme un cri de désespoir
Comme le tonnerre dans le silence.
Par chance qu’il y a mon chat et mon « sac magique » pour réchauffer mon lit. Mon corps subit une petite tempête, à peine une turbulence. Ma gorge brûle, je suis un peu fiévreux, le médicament contre ma névralgie m’assomme sans pour autant faire cesser la douleur qui me traverse le visage. J’avais pas besoin d’un rhume en plus! Mon moral sombre dans la noirceur du jour pluvieux que quelques films loués n’arrivent pas à ensoleiller. J’aimerais tant entendre le tonnerre de sa voix. Je n’ose pas lui téléphoner. Il n’a que brièvement confirmé la réception de mon dernier message. Je crois qu’il préfère ne pas donner de suite.
Un avion déchire le soir
Et laisse des traces d'indifférence
C'est comme un cri de désespoir
Message d'amour à longue distance.
Son souvenir, pourtant sans espoir, me donnait du courage. Son silence, me confronte à ma solitude. Je ne peux plus me dire qu’à quelque part, pour quelqu’un, je suis spécial. Il me faut tourner la page, revenir à la réalité, arrêter de rêvasser. Amour à longue distance, il n’y a pas. Pour ce qui est du ici et du maintenant, Blondy n’a pas donner signe de vie non plus. Indifférence? Manque d’intérêt? Chance? Dans le fond, comme je ne suis pas vraiment dans mon assiette, c’est mieux ainsi, non? N’empêche que ça fait du bien, des fois, de rêver un peu.
Au moins, il y a les amis qui passent, comme des étoiles filantes, pour éclairer le ciel de leur présence. Je ne pourrai donc pas dire que le week-end est passé en vain et que je n’en ai rien fait. Même si c’est si peu.
Tourne la page
René & Nathalie Simard
Paroles et Musique: R.Musumarra, R.Zanelli, JM.Moreau 1987 ©Trema
http://www.bide-et-musique.com/song/1865.html pour le texte complet.
19:47 Publié dans La musique, Le coeur, Le corps, Le quotidien, Les relations | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
2006.11.03
Running
Il est tard. Je devrais dormir. Je ne dors pas. Cette chanson, déjà troublante dans sa version originale (interprétée par Kate Bush), rendue avec tellement plus d’émotions dans cette reprise de Placebo, me hante. Me garde éveillé. Je l’ai entendu au hasard d’une émission de télévision. C’est mon côté compulsif. Il me fallait cette chanson. Me voilà qui achète la version originale et cette nouvelle version grâce à l’internet. Elle fait monter une vague cruelle d’émotions que je ne comprends pas. J’ai beau lire les paroles, rien ou presque. Le rythme répétitif, ce sentiment d’urgence, de douleur, de frayeur, de déchirement, tous ces éléments me touchent.
« I’d make a deal with God and I’d make him to swap our places. »
Je me suis déjà trouvé dans une situation où j’ai voulu marchander avec Dieu, lui demandé d’échanger ma place pour celle d’un autre. Plus précisément, je voulais donner ma vie pour que celle d’un autre soit épargnée. C’est la dernière fois que j’ai aimé. Cette relation m’a définitivement brisé le cœur. Il m’a abandonné et trahi. M’a-t-il aimé? Il a dit avoir été déchiré lui aussi par notre séparation. Nous ne réagissons pas tous de la même façon. Nous n’avons pas tous la même capacité de passer à autre chose et de laisser le passé derrière. Il a continué sa route. Je n’étais pas sur ce chemin-là. Nos routes se sont croisées, chevauchées, pendant seulement quelques temps, quelques battements de cœurs. Trop fort, les battements de cœurs. Trop d’émotions. Trop de non-dits. Trop de murs intérieurs. Trop de secrets. Trop de renoncements. Trop. Juste trop. Trop court, le temps ensemble. Trop loin, la distance nous séparant. Trop violents, les sentiments. Trop important, mon secret. Trop forte, son ambition.
« Unaware I’m tearing you asunder. Ooh, there is thunder in our hearts. Is there so much hate for the ones we love? Tell me, we both matter, don’t we? ».
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Cette semaine, j’ai recommencé à souffrir de névralgie post-herpétique. Ma troisième crise en autant d’années. Ça fait très mal. Surtout le soir, lorsque je suis fatigué. Le contact de mon visage contre l’oreiller m’envoie des décharges électriques en plein visage. Je n’ai pas d’éruptions cutanées, juste la névralgie. En plein visage. Ça me traverse le côté droit du visage, formant un arc de ma narine au milieu de mon crâne dans les pires cas. La plupart du temps, ce n’est qu’une partie de cet arc qui se manifeste. Habituellement, ce sont les personnes de plus de 60 ans qui souffrent de cette affliction. Mais les personnes atteintes du VIH sont aussi une population à risque. Aucun traitement efficace connu ou si peu. Peut mener à la cécité ou une paralysie de la région atteinte dans les cas extrêmes. Rien de rassurant.
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Mon bel arabe m’a téléphoné dernièrement. Il veut me revoir ou du moins récupérer le vêtement laissé chez moi dans sa hâte de me quitter lors de sa dernière visite. Je suis déchiré entre mon désir de le revoir, ma conscience que ça risque de me chavirer pour rien, le cynisme que j’éprouve face à son incapacité de se positionner clairement face à moi et l’impression d’être utilisé, n’existant que lorsqu’il a le goût de me voir.
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Je m’inquiète de mon cœur meurtri trop souvent. Peut-être que c’est pour ça qu’il est en panne? À force de me le faire casser, j’ai peur qu’il ne fonctionne plus correctement. D’où mes mots de consolation à chaque fois que je m’aperçois qu’il bat encore aux détours d’une rencontre. « Ouf! Ok.. le tic-tac est encore là. ». Est-ce que ça se peut un cœur qui arrête?
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La réalité et le virtuel. Un sujet relationnel des plus intéressants. Je décroche de plus en plus de l’Internet comme moyen de rencontre. Haut-le-cœur. Je n’y crois plus à cette traversée du miroir où le reflet de l’autre, qui n’est finalement que beaucoup de nous-même, traverse le gouffre séparant le virtuel du réel. Cheminement dans la bonne direction. Parcours encore incomplet. Je décroche du virtuel en m’ancrant de plus en plus dans le réel. Mais je m’accroche encore les pieds dans le tapis du réel, y perd mon équilibre. Ma main cherche un appui mais ne rencontre que le vide. Du coup, la réalité me semble tout aussi intangible que l’illusion du virtuel. Quelques pas encore et peut-être y aura-t-il matérialisation?
Running up that hill
Kate Bush
If I only could, I’d be running up that hill.
If I only could, I’d be running up that hill.
It doesn’t hurt me.
Do you want to feel how it feels?
Do you want to know that it doesn’t hurt me?
Do you want to hear about the deal that I’m making?
You, it’s you and me.
And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
Be running up that building.
If I only could, oh...
You don’t want to hurt me,
But see how deep the bullet lies.
Unaware I’m tearing you asunder.
Ooh, there is thunder in our hearts.
Is there so much hate for the ones we love?
Tell me, we both matter, don’t we?
You, it’s you and me.
It’s you and me won’t be unhappy.
And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
Be running up that building,
Say, if I only could, oh...
You,
It’s you and me,
It’s you and me won’t be unhappy.
C’mon, baby, c’mon darling,
Let me steal this moment from you now.
C’mon, angel, c’mon, c’mon, darling,
Let’s exchange the experience, oh...
And if I only could,
I’d make a deal with God,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.
And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.
And if I only could,
I’d make a deal with god,
And I’d get him to swap our places,
Be running up that road,
Be running up that hill,
With no problems.
If I only could
Be running up that hill
With no problems...
If I only could, I’d be running up that hill.
If I only could, I’d be running up that hill.
02:10 Publié dans La musique, Le corps, Le quotidien, Les relations | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
2006.10.29
Immobilité
Le temps passe. La vie continue son chemin. Parfois, j’ai l’impression d’avoir été oublié sur une tablette. Des fois, ça fait mon affaire. Des fois, ça me décourage. Des fois, ça m’enrage.
Hier soir, je suis allé à une fête d’Halloween chez un ami. Au fait, c’est un de mes ex-chum. Pendant la soirée, nous avons réalisé que ça faisait 10 ans que nous nous étions rencontré. Octobre 1996. Ça me semble une éternité. Il s’est passé tant de choses depuis. Nous étions un couple quand j’ai appris ma séropositivité. Il est encore séronégatif. Nous avons gardé contact sans devenir les meilleurs potes du monde. C’est le seul de mes ex avec qui j’ai gardé une forme de lien.
10 ans plus tard. Il s’est passé beaucoup de choses et pourtant, si peu ont changé. Certains copains qui étaient de son entourage lorsque nous nous fréquentions en sont encore et étaient présents. Nous nous sommes remémorer des moments marquants vécus ensemble. Puis nous avons échangé sur nos expériences depuis notre séparation. Depuis qu’il m’a laissé, deux autres relations ont croisé ma route. Les deux de courtes durées : trois et huit mois. La dernière s’est terminée à l’automne 2001. Ça fait cinq ans ferme. Depuis, c’est le désert. À peine quelques rares rencontres sans suite.
Les gens me demandent souvent comment ça se fait qu’un gars aussi gentil, intelligent, charmant et plutôt beau bonhomme comme moi reste sans partenaire si longtemps. Je me fais souvent taquiner en me faisant dire que je suis trop difficile. Je réponds souvent vaguement que pour quelques une de ces années, j’avais d’autres chats à fouetter, que je n’étais pas disponible pour une relation. Ensuite, le prince charmant ne s’est juste pas montré le bout du nez. Il faut bien répondre quelque chose, non?
En mon for intérieur, je crie, je hurle : « Le VIH a complètement foutu ma vie en l’air! » Plus rien n’est pareil depuis. Cette maladie fait peur, fait fuir. Les partenaires potentiels ont peur de l’attraper ou peur de s’amouracher à moi et d’avoir à me voir dépérir ensuite. À la limite, peur de m’accompagner dans le dernier voyage. Mais au-delà des autres, au-delà d’eux, il y a moi. J’ai fait une dépression majeure. J’ai perdu mon assurance, celle qui faisait tourner les têtes. J’ai perdu confiance en moi, celle qui rayonnait et attirait. J’ai perdu la santé, celle qui permettait de faire des projets et qui me donnait l’énergie de faire plein de trucs. J’ai perdu mon emploi, celui qui m’élevait socialement. Il y a moi qui n’est plus le même. Mais ça, je ne peux pas le dire à tout le monde.
Avec le temps, la dépression s’éloigne pour devenir un mauvais souvenir plutôt qu’une réalité. En lien direct, la confiance et l’assurance reviennent petit à petit. La santé reste un deuil à faire mais je relativise beaucoup et le paysage prend de plus en plus de perspective. J’apprécie mon emploi actuel en trouvant qu’il est beaucoup plus en accord avec ce que je suis. Et la liste continue. C’est un long processus, très long parce que très lent. Il faut être patient, avec soi plus que tout. Mais la patience, c’est pas vraiment mon fort. J’apprends.
La compagne de mon frère a donné naissance à une petite fille cette semaine. La vie n’arrête pas. Ils projettent de se marier l’été prochain. Mon frère nage en plein bonheur. Il a rencontré « la bonne » et il réalise ses rêves, un après l’autre. Je suis heureux pour lui mais ça met en relief mon impression de seulement survivre, que rien ne bouge pour moi. J’apprends la patience et je ronge mon frein en espérant qu’il lâche et que les choses se mettent en branle dans une direction plus clémente. Mais j’ai peur de ne pas pouvoir suivre une trop grande accélération. Alors je ronge lentement, changeant les choses lentement, laissant au temps le temps de faire son œuvre, en me disant que le moment venu, les choses changeront si elles doivent changer. Sagesse? Patience? Lâcher-prise? Résignation? Abandon? Je ne sais pas. Peut-être que je me bats trop? Peut-être pas assez? Suis-je courageux ou lâche? L’immobilité est parfois rassurante même si elle est aussi frustrante.
Stones taught me to fly
Love taught me to lie
Life taught me to die
So it's not hard to fall
When you float like a cannonball
Stones taught me to fly
Love taught me to cry
So come on courage!
Teach me to be shy
14:55 Publié dans La musique, Le quotidien, Les relations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
2006.10.18
Lettre à un amour lointain, pourtant si proche
Je suis dans un ralentissement au travail et ça me fait du bien. J'en profite pour t'écrire un petit mot. Rien à raconter vraiment, rien d'autre que le boulot, la famille et les amis proches que je garde jalousement.
Ici l'automne bat son plein avec ses merveilleuses couleurs et son air frais et vivifiant que j'aime tant. Le ciel est souvent gris et le temps pluvieux cependant. Je vais bientôt ranger mon vélo avec regrets.
Ce soir, j'écoutais de la musique en faisant un peu de ménage et Damien Rice m'a chanté "The Blower's Daughter". Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à toi et moi sur une terrasse, rue St-Denis avec un pichet de sangria, lorsqu'il entonnait "I can't get my eyes off of you...". On se demandera bien pourquoi!
Je réalise avec le temps les beaux cadeaux que tu m'as fait. Dans mes moments de doutes, lorsque ma foi en moi vacille, je m'appuie sur toi. Mon coeur reste convaincu que si un mec aussi intéressant que toi s'est intéressé à moi, je vaux donc beaucoup. Pour quelqu'un qui a connu une chute au niveau zéro de l'estime de soi à un moment donné, c'est précieux. Cette certitude m'empêche sûrement de faire plein de conneries, ou du moins de laisser le premier venu m'approcher. Comme le chante Céline "Moi je crois toi, toi je te crois" même quand moi je ne me crois pas, ne me crois plus. Y a-t-il plus beau cadeau que d'avoir redonné un tant soit peu, un peu d'amour de soi à quelqu'un? De plus, tu n'as même pas besoin d'être là pour que le cadeau soit. Même si mon reflet dans ton regard et la chaleur de ton sourire sauraient ranimer le chaleur au fond de mon coeur.
Merci.
Je voulais t'écrire un tout petit mot, mais voilà, mes doigts s'agitent sur le clavier en pensant à toi, sans s'arrêter, comme si d'en caresser les touches pour t'écrire des mots était un peu comme te caresser toi, ta peau.
23:25 Publié dans La musique, Le coeur, Les relations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

